« Cette cyberattaque rappelle qu’un équipement connecté peut représenter un risque pour toute une activité lorsqu’il n’est pas suffisamment sécurisé. Le problème ne tient pas uniquement à son ancienneté, mais aussi à l’exposition de son interface d’administration sur Internet, à l’absence de mises à jour de sécurité ou à des accès insuffisamment protégés. Dans l’incident des systèmes frigorifiques, Danfoss a indiqué que la majorité des unités concernées étaient des modèles obsolètes et ne recevaient plus de mises à jour de sécurité.
Pour les entreprises, la cybersécurité des systèmes opérationnels est aussi un enjeu de continuité d’activité. Les interfaces de contrôle ne devraient pas être directement accessibles depuis Internet. Les accès à distance des prestataires doivent être strictement limités, protégés par une authentification forte, notamment multifacteur, et faire l’objet d’une surveillance continue. Il est également essentiel de maintenir à jour les équipements encore pris en charge, remplacer ceux qui ne peuvent plus être sécurisés et séparer les réseaux opérationnels des réseaux informatiques classiques pour limiter les risques de propagation.
Cette attaque montre surtout que les conséquences d’une compromission ne se limitent pas au vol de données et peuvent dépasser le fonctionnement d’un équipement. Une attaque contre les systèmes de traitement de l’eau par exemple peut perturber, voire compromettre, l’approvisionnement en eau potable. Ici, elle a directement affecté la chaîne du froid, entraînant la perte de marchandises et perturbant l’activité de nombreux magasins. Les entreprises doivent donc prévoir des dispositifs de surveillance et des procédures de secours pour détecter rapidement les anomalies et limiter les conséquences opérationnelles d’une attaque. Les effets peuvent aller de la perte de denrées à la mise en danger de vies humaines. Les entreprises doivent donc prévoir plusieurs dispositifs de protection et une solution de secours pour maintenir leurs activités si leurs systèmes numériques sont compromis. Quant aux motivations et au mode opératoire exact des attaquants, ils restent à déterminer. »






