Rechercher
Contactez-nous Suivez-nous sur Twitter En francais English Language
 

De la Théorie à la pratique











Abonnez-vous gratuitement à notre NEWSLETTER

Newsletter FR

Newsletter EN

Vulnérabilités

Se désabonner

Axelle Lemaire, FIC : chacun doit aujourd’hui comprendre la nécessité de se protéger

janvier 2017 par Emmanuelle Lamandé

A l’occasion de la 9ème édition du Forum International de la Cybersécurité, la Secrétaire d’Etat chargée du Numérique et de l’Innovation, Axelle Lemaire, est venue présenter les dernières initiatives de l’État en matière de sécurité numérique, ainsi que les enjeux qui restent encore à adresser à l’avenir. La cybersécurité est aujourd’hui une priorité industrielle, politique, économique et citoyenne. Chacun, individu comme entreprise, doit désormais comprendre la nécessité de se protéger. Les États, quant à eux, devront trouver la voie du consensus et de la « cyberpaix », notamment au travers d’un cadre juridique commun.

« Le nombre de signalements traités par l’ANSSI a bondi de 50% en 2015 et les incidents publics sont de plus en plus nombreux (détournement de sites Internet, fuite de données…) », souligne Axelle Lemaire. Plusieurs cas emblématiques ont d’ailleurs récemment marqué les esprits, comme TV5 Monde, Yahoo, Twitter ou Spotify. Les risques sont désormais partout. La cybersécurité représente donc une priorité industrielle, mais aussi politique et citoyenne. Les enjeux sont à la fois économiques et sociaux, et c’est à l’ensemble du tissu économique qu’il faut désormais faire comprendre la nécessité de se protéger et d’investir dans la sécurité. Les citoyens aussi doivent s’outiller et se protéger.

« Sans réponse adéquate, le risque de défiance envers le numérique peut, in fine, nuire au développement des usages. » Face à ces enjeux, l’État a mis sur pied un certain nombre d’initiatives ces dernières années et a présenté en 2015 sa stratégie nationale dédiée aux enjeux de cybersécurité. « Nous sommes aujourd’hui dans la phase de mise en œuvre de cette stratégie. Nous travaillons ensemble pour lutter contre les menaces et construire la cyberpaix. Nous manquons aujourd’hui d’une doctrine et d’une terminologie permettant de construire un espace de droit et de paix au niveau international. La France et l’Europe peuvent faire entendre leurs voix pour assurer la paix sur Internet. » La France accueillera dans cette optique la conférence « construire la paix et la sécurité internationales de la société numérique : acteurs publics, acteurs privés, rôles et responsabilités » les 6 et 7 avril prochains au siège de l’UNESCO à Paris. L’objectif est de réunir l’ensemble des acteurs internationaux afin de trouver la voie du consensus.

La ministre a également annoncé, aux côtés de Guillaume Poupard, Directeur Général de l’ANSSI, et de Thierry Delville, Délégué ministériel aux Industries de sécurité et à la Lutte contre les cybermenaces, la mise en place d’un nouveau dispositif national d’assistance aux victimes d’actes de cybermalveillance : ACYMA. Cette initiative, destinée aux particuliers comme aux entreprises et aux collectivités, assurera la mise en relation des victimes avec des prestataires de proximité capables de les assister techniquement.

L’État souhaite, en outre, accompagner les entreprises qui innovent dans le domaine de la cybersécurité, que ce soit en matière d’industrie ou de formation. D’ailleurs, à titre d’exemple, un appel à projets sur la thématique « Sécurité des personnes et des biens, des infrastructures et des réseaux » est actuellement ouvert jusqu’au 17 février prochain. Celui-ci s’inscrit dans l’action « Projets industriels d’avenir » (PIAVE) du Programme d’investissements d’avenir. Un autre appel à projets est également ouvert jusqu’à mi-février dans le cadre du Concours Mondial d’Innovation.

Plusieurs enjeux restent toutefois aujourd’hui à adresser, parmi lesquels :
- Le financement de ces solutions innovantes : pour ce faire, la création d’un fonds d’investissement dédié à la cybersécurité serait une avancée ;
- Les Ressources Humaines : nous avons certes besoin de formations de qualité, mais aussi en quantité si l’on veut répondre à la pénurie d’experts et au manque de personnes sensibilisées et compétentes en la matière ;
- La gouvernance : qu’il s’agisse du Dossier médical patient, du prélèvement à la source, du fichier TES… tous ces sujets nécessitent en amont des politiques publiques, ainsi qu’une gouvernance s’articulant autour de principes fondamentaux, comme la « security by design », la « privacy by design » ou la « responsability by design » ;
- Le Big Data, avec entre autres les risques de fuites de données massives, notamment à partir d’objets connectés ;
- L’intelligence artificielle et ses pratiques doivent venir s’inscrire dans un cadre éthique.

Au niveau européen, l’objectif sera de mettre en place un cadre juridique, ainsi que des standards communs. La France est en avant-garde en ce qui concerne les notions juridiques, et a d’ailleurs joué un rôle actif au niveau européen, que ce soit pour le RGPD ou le Privacy Shield. Il faut continuer en ce sens.

La force de l’Europe repose, selon Axelle Lemaire, sur sa capacité à édicter et à affirmer des valeurs fondamentales, comme le respect de la vie privée, la liberté de chiffrement…, et à se reposer sur des régulations qui favorisent la protection des données. Outre la notion de valeur, c’est aussi un enjeu de compétitivité économique.

Dominique Bolignano, Prove & Run, Jacques de la Rivière, Gatewatcher, Axelle Lemaire, Secrétaire d’Etat chargée du Numérique et de l’Innovation, Philippe Gillet, Gatewatcher, François Lavaste, Airbus Defence and Space, et Guillaume Vassault-Houlière, Yeswehack

En conclusion de son intervention, Axelle Lemaire a remis, aux côtés de François Lavaste, Directeur cybersécurité d’Airbus Defence and Space et Président du Jury, le trophée du Prix de la PME innovante à la start-up Prove & Run, experte dans la sécurité des objets connectés. Pour sa 9ème édition, le FIC a également récompensé les sociétés Gatewatcher (Prix spécial du Jury) et Yeswehack (Coup de cœur du Jury).


Articles connexes:


Voir les articles précédents

    

Voir les articles suivants