GSM : Comment présenteriez-vous Bitdefender ?
L. T. : C’est un éditeur roumain créé il y a plus de vingt-cinq ans, connu du grand public, dont l’offre entreprise s’est développée depuis une dizaine d’années. Nos technologies sont conçues en interne, avec une recherche et développement toujours basée à Bucarest. Nous accélérons, notamment par acquisitions, avec un objectif clair : devenir l’un des acteurs majeurs de la souveraineté européenne en cybersécurité. En France, notre offre est hébergée chez OVHcloud, qualifié SecNumCloud par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI).
GSM : Quel a été votre parcours ?
L. T. : Vingt-cinq ans exclusivement en cybersécurité : la distribution, un intégrateur, puis treize ans chez Forcepoint. J’ai rejoint Bitdefender il y a six.
GSM : Quelle différence entre un antivirus et un EDR ?
L. T. : Les deux sont complémentaires, et nous proposons les deux. L’antivirus s’appuie sur des signatures pour bloquer les menaces connues. L’EDR (Endpoint Detection and Response) apporte du contexte en enregistrant les événements et les actions sur un poste ou un serveur.
Fermer les portes inutiles
GSM : Que présentez-vous aux Assises ?
L. T. : Nous mettons l’accent sur la prévention, essentielle à l’heure où l’intelligence artificielle (IA) accélère les attaques. Notre outil réduit la surface d’attaque à partir de l’analyse du comportement de chaque utilisateur. Un collaborateur qui n’utilise que la suite Office n’a pas besoin de PowerShell : on lui ferme cet accès. La principale porte d’entrée d’un attaquant, ce sont les logiciels existants et les privilèges. Nous appliquons la même logique à l’IA : nous cartographions toutes les IA utilisées sur le poste, celles validées par l’entreprise, celles intégrées aux logiciels, le shadow AI et les assistants utilisés dans le navigateur, pour bloquer ou durcir les usages lorsque c’est nécessaire.
Souveraineté et conformité
GSM : Que dites-vous à un responsable de la sécurité des systèmes d’information (RSSI), puis à un dirigeant ?
L. T. : nous disons au RSSI, qu’il faut être proactif plutôt que réactif et prendre le problème en amont. Au dirigeant, qu’une cyberattaque lui coûtera de l’argent et que la souveraineté des données est devenue essentielle, surtout lorsqu’on détient de la propriété intellectuelle. S’y ajoutent les exigences de conformité, de la directive NIS2 au règlement général sur la protection des données. Une grande institution européenne nous a d’ailleurs choisis pour notre origine, notre hébergement souverain et notre capacité à adapter notre EDR à ses besoins, grâce à nos équipes en Roumanie.
GSM : Qu’est-ce qu’un succès aux Assises pour vous ?
L. T. : Il est déjà là : nous recevons cette année bien plus de demandes de rendez-vous qu’auparavant, signe d’une notoriété en nette progression.
« La principale porte d’entrée d’un attaquant, ce sont les logiciels existants et les privilèges. »
Repères :
Éditeur roumain fondé il y a plus de 25 ans · R&D à Bucarest · Hébergement chez OVHcloud
Propos recueillis par Eric Singer, aux Assises de la cybersécurité 2026, à Monaco






