GSM : pouvez-vous présenter Okta et votre rôle ?
X. M. : je suis Vice-Président régional et Country Manager France d’Okta. Notre métier est la gestion des identités : savoir qui a accès à quoi et gérer le cycle de vie des identités depuis une plateforme unique, interopérable avec les autres technologies de l’entreprise. Nous comptons parmi nos clients environ 70 % des entreprises du CAC 40, dont ENGIE, et nous consacrons un milliard de dollars par an à l’innovation.
GSM : comment le partenariat avec ENGIE est-il né ?
X. M. : Il y a onze ans, le groupe s’appelait encore GDF Suez et migrait sa messagerie vers Office 365. Le déploiement mondial était tres compliqué : à force d’acquisitions, le groupe comptait une centaine de forêts d’identités. Nous avons d’abord fourni Universal Directory, un méta-annuaire qui fédère les identités dispersées. Plus de mille applications ont suivi, pour les collaborateurs, les partenaires, les fournisseurs et les clients. Nous étendons aujourd’hui le partenariat aux identités non humaines.
L’interopérabilité contre les menaces
GSM : les systèmes d’information sont de plus en plus interconnectés. Comment y répondez-vous ?
X. M. : aucune technologie ne répond seule à ces menaces. Grace à la BluePrint Alliance, réunissant, autour de la sécurisation des agents IA, AWS pour l’infrastructure d’exécution, ServiceNow et Salesforce pour l’accès aux données métier, CrowdStrike pour l’analyse du comportement des agents et Zscaler pour les communications. Le rôle d’Okta est de découvrir où sont les agents, de s’assurer qu’ils sont placés sous la responsabilité d’un humain et de contrôler ce à quoi ils ont accès. Ces agents échangent des signaux en temps réel, par exemple pour déclencher un arrêt d’urgence, le « kill switch ».
Les identités non humaines
GSM : comment voyez-vous l’avenir ?
X. M. : on compte aujourd’hui environ 109 identités non humaines pour une identité humaine, dont 70 % d’agents IA. Or les agents présentent beaucoup de similitudes avec les humains : leur donner une identité, pour tracer leurs actions, est devenu un standard. Un agent ne doit plus dépendre uniquement de l’identité de l’humain pour lequel il agit : avec sa propre identité, on peut lui couper l’accès aux ressources si une action ne correspond pas à ce qui est attendu. Nous avons fait l’acquisition en Août 2026 de Permiso pour renforcer l’analyse du comportement et la suspension automatique des droits d’agents dans le cloud.
GSM : le mot de la fin ?
X. M. : ces projets sont rarement des « big bang ». Ils nécessitent une réelle cooperation entre OKTA et son client. Tel est le cas d’ENGIE. L’important est d’identifier les points où l’on obtient des résultats rapides. Avec ces premiers succès, nous pouvons rassurer les entreprises sur la mise en oeuvre de l’IA de manière sécurisée.
« Un agent ne doit plus dépendre uniquement de l’identité de l’humain pour lequel il agit. »
Propos recueillis par Eric Singer, aux Assises de la cybersécurité 2026, à Monaco.





