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TAC 2013 : Vers une coopération internationale pour lutter contre le cybercrime ?

juillet 2013 par Marc Jacob

Pour cette première édition du TAC, organisé en collaboration avec Interpol, sous le haut Patronage de Manuel Valls, Ministre de l’Intérieur de la France, a réuni à Lyon, 50 pays, 20 Ministres de l’Intérieur et 600 participants. Le maitre de mot de la première édition du TAC est la coopération entre tous les Etats du monde et le secteur privé pour lutter contre le cybercrime et « protéger le futur » ; Un vœu pieux appelé par l’ensemble des intervenants tout au long de la journée. La conférence était animé apr Alex Taylor.

Photo des 20 Ministres de l’Intérieur présents au TAC

Après le message de bienvenu de Gérard Collomb sénateur et Maire de Lyon s’est félicité de l’organisation de ce premier colloque à Lyon. Il a rappelé que c’est à Lyon qu’Edmond Locard a mis en oeuvre son concept de police scientifique. En outre, il a souligné que l’installation d’interpole fait suite à cette longue histoire de Lyon autour des activités de police scientifique. Il a mentionné que de nombreuses entreprises du domaine de la sécurité se sont installées à Lyon comme Arkoon Networks récemment acquise par EADS, mais aussi Safran, Thales... ainsi que de nombreuses PME de ce domaine. Pour lui, le crime organisé n’a jamais été aussi florissant avec une internationalisation et l’utilisation de façon industrielle des outils par les pirates informatiques pour effectuer leurs méfaits. Il a en conclusion espérer que ce premier forum puisse permettre de trouver des pistes pour lutter contre la criminalité.

Puis, Mireille Ballestrazzi, Présidente d’Interpol a rappelé que les faiblesses des pays face à la cybercriminalité viennent de l’hétérogénéité des lois, mais aussi des moyens financiers mise en œuvre. Elle a souligné que la coopération internationale entre autre avec Interpol permet de répondre en partie à ces menaces. Pour elle, il est nécessaire de renforcer nos capacités de réponses via les nouvelles technologies pour lutter contre le cybercrime et en particulier la pédophilie. Elle a rendu hommage à son prédécesseur Monsieur Khoo Boon Hui, actuellement présidents de forum TAC. Elle a espéré que le Forum TAC sera une pierre supplémentaire dans l’édifice qui permettra d’atteindre un monde plus sûr

La lutte contre la cyberciminalité a besoin de ressources humaines, financières et humaines

Monsieur Khoo Boon Hui, ancien Président d’Interpol et Président du Forum TAC, quant à lui a expliqué qu’une organisation ne peut être puissante que si elle a les trois piliers : ressources financières, humaines et la technologie. Aujourd’hui, avec la crise on manque dans le monde surtout de ressources financières et humaines. En effet, le crime permet de gagner de l’argent très facilement sans au finale de véritables risques en particulier dans le domaine de la cybercriminalité. Nous poussons actuellement pour que les technologies de lutte contre le cybercrimes comme par exemple la biométrie, les capteurs se démocratisent. L’objectif est que la police puisse agir de façon efficace contre ces menaces, grâce à ces solutions techniques

Mickael Chertoff, ancien secrétaire à la Sécurité Nationale américaine, a ajouté que nous sommes confrontez des menaces sans précédents du fait de l´accélération des moyens de communication à la fois physiques avec le développement des voyages, mais aussi virtuelles avec l’émergence d’Internet. Ces menaces sont de tout type, en particulier dans le domaine virtuel avec les problèmes d’usurpation d’identité. Face à ce phénomène, il faut mettre en place nne véritable stratégie et établir des partenariats avec le secteur privé. Les outils d’analyse via des systèmes de tracking comme ceux qui utilisent les GPS, la biométrie, l’utilisation de l’ADN, les systèmes de chiffrement, de systèmes croisée pour vérifier l’identité....

Gilles de Kerchove, Euroean Union Counter Terrorism Coordiation a expliqué que depuis le 11 septembre, nous sommes confronté à une prolifération de système de franchise du terrorisme comme avec Al Qaïda, les jeunes qui vont dans certains pays pour s’initier au Djiad, mais aussi avec les jeunes qui se forment dans les banlieues via internet. Selon lui, le Printemps Arabes a déstabilisé les pays du Maghreb et du Moyen Orient, le retrait d’Afghanistan est aussi un autre élément de déstabilisation... Il est donc important d’investir dans de nouvelles technologies pour lutter contre cette tendance. Il est nécessaire que les Etats puissent donner une vision sur les tendances en matières de criminalité afin que le monde du secteur privé puissent anticiper et proposer des produits de sécurité de demain. Il est donc nécessaire que les partenariats publics privés se développent dans tous les pays. Pour cela, il faut qu’il y ait plus de partage d’information entre les Etats et le secteur privé. Cecila Malmström, commissaire européen en charge de la sécurité, a souhaité que le monde des nouvelles technologies puisse permettre de réduire les menaces. Cependant, elle a montré que les criminels aussi continuent d’améliorer leurs techniques comme aujourd’hui avec les armes tridimensionnelles élaborées avec les imprimantes trois D. Pour contrer ces menaces, l’EC3 a été créé, en janvier 2013, pour permettre de mutualiser les données pour l’ensemble des pays européens. De même, le Complexe mondial de recherche d’Interpol a été créé à Singapour, est issue de la même démarche en faveur d’une mutualisation des moyens. Les nouvelles technologies servent aussi au contrôle aux frontière en particulier avec les systèmes d’analyse d’empreintes, les contrôles biométriques restent utiles mais sont encore trop lourds à mettre en oeuvre, il est nécessaire de développer les technologies de reconnaissances faciales. Elle aussi a souligné l’importance « d’unir nos efforts pour lutter contre la cybercriminalité ». Elle a espéré en conclusion que cet événement puisse se répéter dans le temps.

Ronald k. Noble, Secrétaire général d’Interpol, a insisté sur la question de « comment protéger nos citoyens contre le crime organisé via les nouvelles technologies ». Il a rappelé que Prométhée avait indiqué aux hommes comment la technologie pouvait aider l’humanité. Aujourd’hui, les nouvelles technologies sont des outils qui permettent à la police d’arrêter les criminels comme récemment avec l’affaire du Marathon de Boston. Toutefois, si la technologie est une opportunité mais elle a un envers à sa médaille : son utilisation par les criminelles. Pour organiser la lutte contre les cybercriminels, il est donc nécessaire de développer la coopération entre tous les Etats. Il a rappelé qu’Interpol est l’une des premières organisations à utiliser internet pour relier ses 20.000 collaborateurs dans le monde. « Si nous souhaitons protéger l’avenir, nous devons comprendre que les technologies évoluent à une vitesse exponentielle. Cependant, nous sommes confrontés à des problèmes financiers qui nous incitent à renforcer encore plus la collaboration entre tous les Etats. Cependant, ces partenariats avec les entreprises privées ne doivent pas se faire au détriment de l’impartialité d’Interpol. Les alliances entre Etats et le secteur privé sont impératives pour lutter contre la criminalité mondiale. » a –t-il conclu son intervention.

Gérard Collomb, Manuel Valls et Mireille Balestrazzi

Manuel Valls, ministre de l’Intérieur de la France a estimé qu’il faut prendre mesure des nouvelles technologies. En effet, elles ont des conséquences majeures sur les nouveaux risques cybercriminalité, vol d’identité, interception sauvage de communication.... L’ampleur et la rapidité des attaques peuvent mettre en péril les Etats ou les organisations. La criminalité a sans cesse un temps d’avance sur les services policés. Ainsi, une culture de la sécurité informatique doit être développée. La biométrie, les techniques de cryptologies, vidéosurveillance, doivent être encouragées par les Etats. Si nous ne voulons pas subir les attaques nous devons intégrer ces nouvelles technologies dans nos méthodes de travail. Il est aussi nécessaire de former les hommes à ces outils. La dimension humaine, la coopération entre les services au niveau nationale et noter nationale doit se développer. Ces technologies nouvelles appellent aussi de nouvelles rondes, la géolocalisation des équipages ou la vidéo embarquée… constituent des avancées majeures. Toutefois, il insisté sur le fait que les Etats doivent prendre en compte le respect de la vie privée. Il a ainsi rappelé de façon détourner l’affaire PRISM en insistant sur le fait que l’usage de système d’écoute doit être fait de façon ciblée et dans le respect de la vie privée. Il faut que toutes les entreprises qui travaillent en Europe puissent garantir aux ressortissants européens la protection de leur vie privée. En ce domaine, la future loi européenne devrait prendre en compte cette dimension.

En outre, il a insisté sur les atouts de la France : « La France a la chance de disposer de forces de l’ordre dont la compétence et le professionnalisme sont reconnus bien au-delà de nos frontières ; je pense que beaucoup de ministres présents ici, et je les en remercie, pourront en attester. Elle a aussi la chance de disposer d’un tissu industriel dynamique et à la pointe de l’innovation dans le domaine des industries de sécurité. Enfin, elle a fait le choix de soutenir sans réserve la recherche et l’innovation. Je crois qu’elle dispose donc des atouts indispensables pour réaliser un mariage harmonieux, que j’appelle de mes vœux, entre l’innovation technologique et la sécurité. Des échanges existent entre l’ensemble de ces acteurs. Mais avec le président de la République, nous avons fait le constat d’une insuffisante structuration de la filière des industries de sécurité alors que les enjeux de compétitivité et de sécurité sont considérables. De compétitivité, tout d’abord, avec un chiffre d’affaires estimé à 10 milliards d’euros, en croissance annuelle de 7% et 50 000 emplois travaillant principalement à l’export dans des entreprises leaders dans le monde, présentes ici, que je salue, mais aussi dans des PME dynamiques. De sécurité aussi naturellement, je l’ai souligné au début de mon propos. Les constats ont été posés et sont aujourd’hui largement partagés. L’expression des besoins est insuffisamment claire et fédérée de la part des donneurs d’ordre. Les pouvoirs publics ont naturellement leur part de responsabilité… Malgré des initiatives comme celle du réseau des services de 7 technologies de sécurité au niveau européen, ENLETS, prises sous la présidence française de l’union européenne, le travail d’expression de besoin reste encore largement balbutiant. De leur côté les industriels expriment légitimement des réticences pour se lancer dans le développement d’outils, en mobilisant des fonds propres importants, pour lesquels les débouchés sont incertains. La structuration de la filière a donc vocation à rompre ce cercle vicieux, pénalisant pour tous, pouvoirs publics comme industriels. Il faut donc créer un climat de confiance comme soulignait, Gille de KERCHOVE. Je me réjouis d’ores et déjà de la création du conseil des industries de la confiance et de la sécurité, le CICS, par les quatre groupements fondateurs que sont la FIEEC, le GICAN, le GICAT et le GIFAS. Il a vocation à accueillir et informer largement tous les acteurs industriels grands et petits. Les PME sont d’ailleurs au cœur de notre réflexion car porteuses d’innovation et aussi d’exportation, vers d’autres pays, et ils sont nombreux, ayant les mêmes besoins. Nous devons maintenant aller plus loin avec la création du comité de filière prévu dans le récent Livre blanc de la défense et de la sécurité nationale. Il sera installé à la rentrée par le Premier ministre, sa charte de création est aujourd’hui stabilisée. Il aura pour mission de développer une vision prospective des besoins, d’identifier des technologies critiques et les domaines sur lesquels une action concertée des industriels, des organismes de recherche et des pouvoirs publics est indispensable, ou bien encore de mobiliser des financements et de développer une politique de soutien à l’exportation que je veux personnellement soutenir. Pour ce qui concerne plus particulièrement le ministère de l’Intérieur, j’ai d’ores et déjà identifié trois défis majeurs pour les prochaines années :
- La modernisation des réseaux de radiocommunication avec l’intégration de l’image au–delà de la transmission des seules données vocales ;
- Le déploiement d’une nouvelle génération de vidéoprotection intégrant l’intelligence artificielle et les moyens d’exploitation rapide de très gros volumes d’image ;

- La modernisation, enfin, des équipements de protection des forces de sécurité qui devront, demain, intégrer de nouveaux matériaux, des capteurs intelligents et des moyens de communication. Bien sûr nous ne pourrons pas tout faire demain. Je sais les ressources budgétaires dont dispose mon ministère et les choix que nous devons faire dans la politique de sérieux budgétaire voulue par le Gouvernement. Mais rien ne nous interdit de faire preuve d’imagination, d’inventivité et même d’audace pour penser aujourd’hui les forces de sécurité des dix ou vingt prochaines années. C’est aujourd’hui que nous préparons nos résultats de demain. Je souhaite que ce forum puisse, pour la France comme pour les autres pays représentés ici, y contribuer activement. « 

En conclusion, il a souhaité que le forum TAC lance une véritable dynamique en matière de coopération entre les Etats et les entreprises privées. Il faut que cet événement perdure dans le temps et Lyon est la ville idéale pour sa tenue. Il a rappelé que sans sécurité, il n’y a pas d’Etat.

Pour clore cette première session plénière, Alain Bauer, professeur de criminologie a montré que la technologies et les droits se croisent par hasard et non de façon organisée comme le fait le Forum TAC. Ce qui est préoccupant, c’est le fait que si on ne considère pas le processus dans sa globalité, on loupera une fois de plus ses mutations. Aujourd’hui, le crime est déjà en 3.0 alors que les outils utilisés par les services de police sont ceux du 20ème siècle !

Il faut espérer que cette volonté de collaboration entre les Etats verra le jour dans les faits pour le plus grand bien des internautes.


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