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« Les GAFA sont des adversaires des États », Il faut donc prévoir un plan d’action fort

novembre 2020 par Frans Imbert-Vier, PDG d’UBCOM

Les récents propos du ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, au micro de Radio Classique concernant la souveraineté numérique sont de bon augure et présagent une prise de conscience de l’acteur politique concernant ce sujet devenu critique à plus d’un titre pour la France et l’Europe en général. « Les géants du numérique, ce sont aujourd’hui les adversaires des États », a-t-il déclaré.

Frans Imbert-Vier, PDG d’UBCOM, spécialiste franco-suisse de la protection et de la souveraineté des données, réagit : « Les propos de Bruno Le Maire n’engagent aucune action concrète, pragmatique et tangible pour les leaders du numérique français et européens. Pour que la souveraineté numérique continentale s’installe en substance dans l’économie générale et nos sociétés, il faut un plan d’action fort. Face aux enjeux, aux délais très courts pour agir, la structure technocratique européenne est incapable de produire en quelques mois un effet mesurable au profit de la souveraineté numérique et de son marché local porté par plus de 10.OOO acteurs au sein de l’Europe communautaire et étendue.

Si les propos du ministre sont annonciateurs de la prise de conscience, ils restent vides de tout fait concret permettant aux entreprises européennes de se doter de l’innovation continentale et porter la croissance des producteurs de l’innovation numérique européenne comme Tixeo, Threema, Seald, Olvid, Whaller, Jamespot, et des centaines d’autres qui ne pourront jamais grandir solidement si l’Europe ne privilégie pas, à commencer par ses propres acquisitions et dépenses, leurs incroyables potentiels d’innovations technologiques.

« Si Bruno Le Maire veut sembler cohérent dans son approche, il doit commencer par rectifier le projet de loi de finances 2021 avec une politique incitative d’achat de solutions européennes. Il pourrait proposer de ne plus assujettir les collectivités locales au taux de TVA de 10 % pour les acquisitions européennes. Il pourrait aussi défiscaliser l’investissement dans les solutions souveraines et financer davantage les certifications ANSSI pour les acteurs français et européens. Sans oublier l’ABSOLUE NÉCESSITÉ de réformer le code des marchés publics et l’UGAP qui ne doit plus faire la pluie et le beau temps sur les grandes ESN (Entreprise de Service Numérique) nationales et permettre aux petits naissants de promouvoir leurs offres en bénéficiant de la garantie d’État pour assurer les appels d’offres publics.

Enfin, la dépense publique doit couvrir au minimum 50 % de son investissement informatique pour la gestion des données souveraines dans les technologies européennes détenues par des capitaux européens exclusivement. Il ne doit plus être possible de permettre à la BPI de conserver les données du PGE (Prêt Garantie d’État dans le cadre de la crise COVID) chez Amazon ou de fournir 4 milliards de subventions à Renault pour les investir aussitôt chez Google. » ajoute-t-il.

La France est le seul pays au monde à ne pas restreindre, au nom de la sécurité nationale, l’entrée de technologies étrangères dans les systèmes de gestion de la donnée régalienne.

« L’État doit démontrer qu’il n’est pas le premier commercial du GAFAM et cesser sans délai la promotion des technologies américaines.
La France et l’Europe ont de quoi s’affranchir de cette dépendance et sans acte politique concret, le génie de l’innovation européenne se fera absorber définitivement par la Chine, qui est désormais, par la puissance financière du BATHX la première puissance numérique du monde. C’est sans omettre de croire que jusqu’à présent, personne en Europe, n’a le libre arbitre sur sa donnée. Elle est pour le moment aux mains des Américains, qui ne sont pas nos alliés économiques et c’est au crédit de Monsieur Bruno Le Maire de l’avoir reconnu publiquement. »




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