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RSSIL : l’intelligence économique, une question de bon sens et d’état d’esprit

juin 2010 par Emmanuelle Lamandé

A l’occasion de la 5ème édition des RSSIL, le commandant Rémy Février, Gendarmerie Nationale, est revenu sur les principaux enjeux de l’intelligence économique, un sujet plus que jamais d’actualité. Il a également rappelé que l’intelligence économique est avant tout une question de bon sens et un état d’esprit.

A l’heure actuelle, nous sommes dans une nouvelle ère géostratégique, où se développe un capitalisme hyperconcurrentiel et se déploie la société de l’information. Dans ce schéma, la puissance militaire laisse place à la dominance de la puissance économique, métamorphosant par là-même les intérêts de pouvoirs. A l’ère de l’économie de la connaissance, la maîtrise de l’information devient plus que jamais un facteur clé de compétitivité.

L’intelligence économique a pour principal objectif de mobiliser et coordonner les connaissances et compétences, privées et publiques, dans un contexte concurrentiel, afin d’en tirer un avantage économique au profit des entreprises et collectivités. Mais, comme le souligne le Commandant Rémy Février, l’intelligence économique reste avant tout une question de bon sens.

L’intelligence économique repose sur un tryptique :
- La veille : celle-ci ne doit pas être uniquement concurrentielle, mais concerner l’ensemble de l’environnement de l’entreprise.
- La sécurité économique : il conseille, par exemple, d’adopter la politique du bureau rangé, c’est-à-dire penser chaque jour à mettre les documents sous clés, utiliser des broyeurs de documents (à coupe croisée et non à coupe droite). N’oubliez pas que vos photocopieurs, imprimantes, ..., sont aujourd’hui de véritables appareils multi-fonctions avec disques durs, et doivent faire partis des points de vigilance pour l’entreprise.
- Enfin, l’influence : qui peut être entendue au sens de « lobbying ». Toutefois, ce dernier n’est pas encore ancré dans les mentalités françaises.

En matière de sécurité économique, le diagnostic n’est pas vraiment probant en France. On observe, en effet, une relative passivité face aux tentatives de prise de contrôle d’entreprises sensibles par des fonds d’investissement étrangers, une vulnérabilité des systèmes d’information, un secret économique insuffisamment protégé, ou encore un manque de vigilance face à l’instrumentalisation étrangère des procédures judiciaires. Le risque majeur de telles insuffisances demeure dans l’atteinte à la sécurité nationale et à la compétitivité, d’où une perte d’indépendance nationale et la destruction d’emplois et de richesses.

La France ne dispose pas d’une culture claire de l’information

La France connaît en intelligence économique un retard préoccupant par rapport à d’autres pays comme les Etats-Unis, le Japon ou la Grande-Bretagne. Pourtant, dès 1994, le rapport Martre avait mis en avant les enjeux. Il aura, cependant, fallu attendre 2003 et le rapport Carayon pour que la prise de conscience commence à opérer. Quelles sont les principales raisons de ce retard ? Hormis la coupure public/privé, il constate l’absence d’une culture claire de l’information en France. Aux Etats-Unis, au Japon et en Grande-Bretagne, on observe, en outre, une réelle convergence des intérêts Etat-Entreprises, ainsi que des outils d’intervention adaptés à l’économie contemporaine (relais d’influence de type « think tank », …).

Parmi les pistes à développer, il souligne :
- La définition et la mise en œuvre d’une vraie politique de sécurité économique,
- La protection du périmètre stratégique de souveraineté,
- L’accompagnement des entreprises et des jeunes. La formation des jeunes, dans les écoles et universités, est, à ce niveau, primordiale, car il s’agit de préparer les futurs cadres à l’importance des informations stratégiques.

Fuite d’informations : entre indiscrétions verbales et social engineering

La sécurité compte aujourd’hui de nombreuses problématiques dont on ne peut définitivement pas faire abstraction, qu’il s’agisse de protection de la confidentialité, de protection des personnes et des biens, de sécurité des SI ou de gestion des risques opérationnels. Mais quand l’on sait que la fuite d’informations résulterait à 78% d’indiscrétions verbales, on comprend vite les portées de l’intelligence économique et d’une « culture de l’information » dans notre pays. D’autant plus que parmi les informations sciemment dérobées, le social engineering arrive en bonne position. Ce dernier soulève aujourd’hui de vrais problèmes en entreprises, mais aussi de réelles questions : comment est-il possible d’obtenir autant d’informations en exploitant la crédulité des individus ? Essayez d’appeler votre entreprise en vous faisant passer pour quelqu’un d’autre, vous aurez certainement bien des surprises !

Pour Rémy Février, la France a néanmoins toutes les compétences nécessaires en matière d’intelligence économique, mais doit faire face à un vrai problème de mentalité. Enfin, il ne faut oublier que l’intelligence économique est avant tout une question de bon sens et un état d’esprit.


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