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Perte de souveraineté : BPI France livre les données des prêts à Amazon

juin 2020 par Frans Imbert-Vier, PDG d’UBCOM

Après le flop de StopCovid et le retour en arrière sur le Health Data Hub accordé à Microsoft en premier choix, la BPI s’accorde à allouer la gestion des données des prêts garantie par l’État (prêt Covid) à AWS (Amazon Web Services)  !

En bref, AWS regroupe désormais toutes les informations de toutes les entreprises françaises qui ont souscrit au prêt. Ainsi, il est incroyablement facile de cibler par catégorie et secteur les entreprises qui représenteront un intérêt économique évident pour les investisseurs hors UE (États-Unis, Moyen-Orient, Chine).

BPI France facilite ainsi la collecte des données d’intelligence économique de puissances étrangères qui pourront choisir selon l’état de santé de l’entreprise et sa situation financière l’opportunité de racheter à bon prix une PME offrant un atout concurrentiel inégalé.

« Nous sommes très surpris de cet acharnement des services de l’État, en l’occurrence Bercy et le Secrétaire d’État au numérique qui systématiquement engagent une entreprise étrangère à l’UE pour gérer des données sensibles quand elles ne sont pas régaliennes. Alors que le discours du Président de la République invoque la nécessité de construire une souveraineté numérique française et européenne — condition essentielle pour produire une souveraineté sanitaire — aucune action engagée par l’État ne corrobore le propos » s’étonne Frans Imbert Vier, expert franco suisse en souveraineté des données.

« Les 300 entreprises signataires de l’appel du 9 avril lancé par Pascal Gayat (Play.Europe.Digital) ne sont pas consultées. Le Code des Marchés Publics n’est toujours pas modifié pour imposer 50 % de la dépense publique dans des entreprises française ou européenne qui auront à charge de produire un système numérique régalien (santé, finance, énergie, transport, etc.). Surtout, sont systématiquement choisis les GAFAM au motif que leur offre sont plus adaptées et viables. C’est ainsi que les institutionnelles considèrent les entreprises du numérique Français : pas adaptées et pas viables  ! » poursuit-il

Il en appelle au législateur pour que le Code des marchés Publiques soit modifié au profit de l’économie européenne, que la loi de finances 2021 impose que 50 % du budget soit investi dans des sociétés de droit français ou européen, mais à capitaux européen et dont la propriété intellectuelle du code appartient à une société de droit européen détenu par des citoyens européens. Cette règle s’applique presque partout dans le monde et il est capital de trouver une application traitant des données sensibles ou régaliennes aux États-Unis dont la propriété intellectuelle appartiendrait à un Européen  ! Il est temps d’équilibrer le rapport de force pour ne pas ruiner les perspectives d’une indépendance numérique de l’Europe et garantir ainsi le libre arbitre de tous les acteurs de l’Europe. C’est un enjeu d’économie et de démocratie.




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