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Optimisation énergétique des datacenters : le PUE, outil de pilotage avant tout

mars 2013 par Christophe Weiss – Directeur général d’APL

Le PUE (Power Usage Effectiveness) est l’indicateur le plus utilisé pour mesurer la performance énergétique des datacenters. Il pourrait même prochainement devenir une norme. S’il s’avère être un outil insuffisant pour comparer deux sites, il constitue un puissant outil de pilotage dans le cadre d’une démarche d’amélioration continue.

Christophe Weiss, Directeur Général d’APL

Le PUE, un indicateur répandu mais pas encore standardisé

Issu des travaux du Green Grid, un consortium d’industriels regroupés autour de la problématique de l’efficacité énergétique des technologies de l’information, le PUE (pour Power Usage Effectiveness) compare l’énergie totale consommée par un centre informatique et l’énergie utilisée par les équipements informatiques et réseaux : plus le résultat est proche de 1, plus le datacenter est « green ». Ou, en d’autres termes, moins le datacenter consomme d’énergie pour un même service rendu.

De « simple » indicateur d’efficience énergétique reconnu et répandu, le PUE pourrait prochainement devenir une norme. En effet, en 2012, le Green Grid a annoncé avoir entamé les démarches afin d’obtenir sa standardisation ISO. De façon optimiste, le consortium espère même que cette normalisation pourrait aboutir dès 2013. Une démarche qui ne peut être qu’encouragée... En effet, les données utilisées pour calculer le PUE varient selon les auditeurs : tandis que certains le mesurent à un instant T, d’autres le calculent à partir des moyennes de consommation sur une période donnée. Une norme aurait le mérite d’homogénéiser son mode de calcul.

Le PUE, un indicateur insuffisant pour comparer deux datacenters

Par ailleurs, certains éléments, qui ont une incidence certaine sur la consommation énergétique, ne sont pas pris en compte dans le calcul le PUE. C’est le cas, par exemple, de l’implantation géographique du datacenter, qui sera moins gourmand en énergie dans une région plus fraîche sur l’ensemble de l’année. Ou du taux de charge du site, rapportée au mode de refroidissement retenu : on sait notamment que le free cooling peut consommer plus quand la charge IT est faible. Ou enfin, du taux requis de disponibilité : plus le site présente un niveau élevé de redondance des installations techniques alimentant et refroidissant les matériels IT, plus il consomme, à service équivalent.

Dès lors, comparer deux datacenters sur la base de leur PUE, sans tenir compte de ces éléments externes (climat) ou internes (charge, disponibilité, mode de refroidissement…) n’a pas ou peu de sens. Or, certains appels d’offre se basent en partie sur un PUE cible faible (PUE qui devrait être atteint en pleine charge) pour l’attribution de marchés, publics notamment. Ce qui est insuffisant et biaise sans doute les prises de décision…

Le PUE, un puissant outil de pilotage et d’optimisation de l’efficacité énergétique

En revanche, cet indicateur se révèle être un outil de pilotage très précieux pour un suivi dans le temps des performances énergétiques d’un datacenter, que la démarche résulte d’une réelle volonté de réduction de son empreinte carbone ou d’une législation stricte en la matière (comme c’est le cas en Angleterre, avec sa taxe carbone). En effet, le PUE permet de mesurer à intervalles réguliers l’évolution (positive ou négative) de son efficacité énergétique, afin de fixer des objectifs d’amélioration (avec des actions associées pour une période donnée) ou d’éviter d’éventuelles dérives. À condition de le calculer de manière cumulée sur une année pour tenir compte des variations saisonnières, et bien sûr, de conserver le même mode de calcul d’une période à l’autre. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la Commission Européenne en a fait un indice de référence, dans son « Code of Conduct on Data Centres Energy Efficiency », pour quantifier les progrès des datacenters en termes d’efficience énergétique.

Vers de nouveaux indicateurs ?

Pour aller encore plus loin, de nouveaux indicateurs ont récemment vue le jour, portés par le Green Grid. C’est le cas par exemple de l’ERF (Energy Reuse Factor) qui prend en compte la réutilisation d’une partie de l’énergie produite par le datacenter (chaleur par exemple), le CUE (Carbon Usage Effectiveness) qui mesure le volume de gaz à effet de serre produit par la datacenter ou encore le GEC (Green Energy Coefficient) qui comptabilise la part des énergies renouvelables dans la consommation globale du datacenter.

Cependant, ces nouveaux indicateurs censés améliorer la lisibilité de l’efficacité énergétique des datacenters, soulèvent de nouvelles questions, comme celle du recyclage des solutions de captation et de transformation des énergies renouvelables (panneaux solaires, par exemple) ou encore du réel retour sur investissement des solutions à mettre en œuvre. Avant de s’engouffrer dans ces nouveaux indicateurs, ne vaudrait-il pas mieux se concentrer sur l’utilisation d’un PUE enfin normé ?




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