Rechercher
Contactez-nous Suivez-nous sur Twitter En francais English Language
 

De la Théorie à la pratique











Abonnez-vous gratuitement à notre NEWSLETTER

Newsletter FR

Newsletter EN

Vulnérabilités

Se désabonner

Open Banking : l’innovation est en marche… à condition que la technique suive  !

janvier 2021 par Arnaud Lemaire, Manager Ingénieur systèmes, F5 Networks

L’Open Banking progresse, mais l’innovation ne sera durable que si les acteurs de ce marché s’attachent à créer un socle technique solide à base d’API ouvertes.

L’année écoulée aura vu la médiatisation de l’Open Banking. Cette approche, soutenue par le Parlement européen afin de favoriser l’innovation dans les systèmes de paiement en ligne et mobiles, vise à permettre à des acteurs tiers de créer des services autour des données contrôlées jusqu’à présent par les établissements financiers. Le tout en offrant au client final un meilleur contrôle sur la manière dont celles-ci seront utilisées.

L’Open Banking peut être un important catalyseur d’innovation, en permettant de meilleures expériences pour les utilisateurs, en rationalisant les prêts, en automatisant la comptabilité et en ouvrant la voie à de nouvelles options de paiement.

L’Asie adopte déjà le concept avec enthousiasme, portée par des pays qui se numérisent en temps réel, une large base de consommateurs férus de technologie et l’omniprésence des plateformes de paiement numérique. Toutes les conditions sont ainsi réunies pour faire de l’Asie le cas d’école de l’Open Banking mondial.

Les choses ne sont pas aussi avancées en Europe… Le plus grand obstacle à ce jour est la perception des consommateurs. Il existe une forte réticence à partager des informations personnelles, qui est en partie le fait d’un état d’esprit culturel, mais aussi d’une réaction parfaitement compréhensible à l’expérience des violations de données.

La méconnaissance du sujet est une autre préoccupation urgente. Selon une étude de Splendid Unlimited sur l’état de l’Open Banking, seulement 22 % des personnes interrogées savent de quoi il s’agit. Globalement, les services bancaires ouverts n’ont été utilisés que par 9 % des participants à l’enquête.

L’indice Ernst & Young sur les perspectives de l’Open Banking prévoit qu’il faudra environ trois à cinq ans pour que le système se mette réellement en place. Mais cela peut malgré tout changer rapidement. Récemment, l’Open Banking Implementation Entity (OBIE), qui est l’organisme mis en place par l’Autorité de la concurrence et des marchés pour offrir des services bancaires ouverts au Royaume-Uni, a ainsi rapporté que le nombre d’utilisateurs avait doublé au cours des six derniers mois. Plus d’un million de clients ont utilisé des technologies ou des services de banque ouverte au cours des deux années qui ont suivi l’entrée en vigueur de l’outil.

En attendant, les réglementations continuent de stimuler le rythme du déploiement de l’open banking. En Europe, par exemple, la directive PSD2 de l’Union européenne sur les services de paiement y contribue fortement. En vigueur depuis le 14 septembre 2019, cette directive vise à promouvoir l’innovation, à aider les services bancaires à intégrer les nouvelles technologies et à garantir la sécurité des paiements.

Sur ce dernier point, il est d’ailleurs important de noter que la directive PSD2 comprend de nouvelles exigences en matière d’authentification multifactorielle lors de l’exécution des opérations bancaires. Ainsi l’Open Banking favorise certes le partage d’information, mais accorde aussi une grande valeur à cette dernière et à sa protection. Et cela fonctionne : dans le reste du monde des marchés tels que l’Australie, le Canada, la Nouvelle-Zélande, le Mexique, l’Argentine, le Nigeria, Hong Kong, le Japon et Taïwan suivent tous la situation de près et sont prêts à modifier leur réglementation.

Pour autant, si la réglementation joue clairement un rôle important dans l’Open Banking, la tendance ne s’inscrira réellement dans la durée que si elle fait une réelle différence pour les clients. Ce sont leurs exigences (une plus grande souplesse, une meilleure expérience utilisateur, etc.) qui poussent les fournisseurs de services à être compétitifs et à innover au même rythme.

Miser sur une gestion holistique des API

C’est là qu’interviennent les interfaces de programmes d’application (API), qui sont l’élément au cœur du succès de l’Open Banking. C’est le socle sur lequel se bâtit l’innovation.

En termes simples, une API est un ensemble de routines, de protocoles et d’outils permettant de créer des applications logicielles. Une API spécifie essentiellement la manière dont les composants logiciels doivent interagir.

Dans le domaine bancaire, l’utilisation d’API ouvertes permet à des développeurs tiers de créer des applications et des sites web qui offrent aux titulaires de comptes bancaires d’autres établissements des options plus étendues, par exemple, sur la visibilité et l’accessibilité des données liées à leurs comptes.

Plus riche sera l’écosystème d’API bancaires accessibles aux créateurs et plus intense sera l’innovation. C’est pourquoi Open Banking Europe - géré par Preta, filiale de European Banking Subsidiary Clearing - a publié en novembre dernier un outil qui entend répertorier toutes les API bancaires accessibles au public dans l’UE. L’annuaire PSD2 Transparency Directory répond au besoin des fournisseurs tiers (TPP) et des prestataires de services de paiement de gestion de comptes (ASPSP) qui souhaitent disposer d’un référentiel proposant toutes les informations clés sur les API bancaires au même endroit. Il contient actuellement des informations sur plus de 1 500 portails de développeurs liés aux banques. D’autres banques et institutions financières devraient y contribuer dans les mois à venir.

Et parce qu’il ne suffit pas d’en dresser la liste, mais qu’il faut bien les créer, ces API, tout un marché se structure aujourd’hui pour les soutenir. Des solutions de gestion des API permettent ainsi de publier ces dernières facilement et de manière automatique, tandis que des passerelles API prennent automatiquement en charge des fonctions essentielles telles que l’authentification des appels à l’API, l’acheminement des demandes vers les systèmes appropriés, l’application de limites tarifaires pour éviter les surcharges du système, etc.

De la sécurité (protection contre les dénis de service notamment) à l’analyse des transactions (la vraie valeur de la donnée), en passant par des portails bien conçus pour les développeurs, tous les outils sont donc là pour créer, tester, déployer, sécuriser et opérer des API bancaires ouvertes très innovantes. La demande est forte, et avec le soutien de la réglementation européenne, les APIs sont en train de s’imposer comme le moteur de l’innovation bancaire.

Il n’y aura pas d’Open Banking sans APIs ouvertes  ! Il est donc impératif que la technique suive, et que les acteurs de ce marché s’approprient les outils de création et de publication des API bancaires afin d’offrir aux innovateurs de nouveaux horizons.




Voir les articles précédents

    

Voir les articles suivants