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La protection des données et l’Open Banking sont-ils compatibles ?

novembre 2017 par Patrick Rohrbasser, ‎Regional Vice-President Veeam France

Début 2018, la mise en application de la directive DSP2 concernant les services de paiements risque de provoquer un séisme sans précédent dans le secteur bancaire. Dans ce contexte, où en est le secteur bancaire en matière de protection des données, et face au développement de l’Open Banking ?

Ouverture des données et contexte du secteur

A partir de janvier 2018, la directive DSP2 obligera les banques à partager avec leurs concurrents une partie de leurs données, incluant l’accès aux comptes de paiement de leurs clients ; le secteur entre dans l’ère de l’Open Banking. Concrètement, cela signifie que les acteurs tiers pourront se connecter via des API à leurs services de façon simple et standardisée.

Les FinTechs révolutionnent le secteur bancaire à coup d’innovation et de nouvelles technologies, de Yomoni, le « robo-advisor », à Smartbees, une plateforme d’investissement à destination des 25-35 ans, en passant par de nombreuses autres initiatives. Auparavant réservées à un public niche, elles ciblent maintenant une population plus large et enrichissent leur offre. Si les Fintechs n’étaient pas ou peu perçues comme une menace par les institutions bancaires, car elles étaient simplement complémentaires aux services proposés par les banques, la nouvelle réglementation vient changer la donne en permettant de solliciter désormais très facilement les bases de données d’une banque sans passer par son interface web. Les banques traditionnelles doivent se remettre en question pour se préparer à ce changement en s’associant aux FinTechs ou en se transformant en profondeur. Les acteurs établis sur le marché nouent par exemple des partenariats, à l’image d’Apple Pay et du Crédit Mutuel Arkéa, rachètent des Fintechs prometteuses ou créent des fonds d’investissement.

Les Fintechs changent la donne dans le secteur bancaire

Pour se différencier sur des marchés multicanaux de plus en plus concurrentiels, les banques saisissent la problématique à bras le corps et développent continuellement des applications innovantes, effectuent davantage de transactions en ligne et collectent plus de données qu’elles doivent ensuite conserver, archiver et protéger. Grâce à l’analyse des Big Data, elles peuvent ensuite proposer à leurs clients des expériences en ligne et mobiles enrichies et immersives. Les banques misent sur les compétences numériques pour innover et tendre vers de nouveaux modèles économiques. Les nouveaux produits et services mis en place pour optimiser l’expérience client sont également conçus pour améliorer l’efficacité opérationnelle et les performances organisationnelles. Selon IDC, les dépenses mondiales pour les technologies de transformation numérique atteindront plus de 2,1 milliards de dollars en 2019, avec un taux de croissance annuel de 16,8% de 2014 à 2019.

La question de la sécurisation des données et des applications critiques s’intensifie avec l’augmentation du volume des datas et l’ouverture des API, qui signifie le partage d’information sur les comptes clients, avec l’accord de ces derniers. L’Open Banking ne doit en aucun cas se faire au détriment de la protection des données clients.

Objectif : une meilleure protection des données face à la conformité réglementaire Les banques ont l’obligation de se conformer aux normes nationales, voire internationales : c’est le cas par exemple des exigences de Sarbanes-Oxley pour les banques cotées en bourse, concernant la protection, la sécurisation et le stockage de l’information, ou des Accords de Bâle qui ont introduit des règles strictes de protection des services informatiques des banques grâce à des solutions appropriées de reprise d’activité, en imposant des tests au moins une fois par an.

Avec la conformité réglementaire, les processus et procédures de disponibilité des données doivent être faire avec une réelle transparence. Une non-conformité exposerait les banques à de lourdes amendes et des dommages sur la réputation de la marque. Parmi les réflexes à développer, cryptage et sécurisation de l’accès aux données sont essentiels pour maintenir la confidentialité des informations des comptes clients, tout en maintenant la disponibilité de tous les systèmes. Par ailleurs, les données provenant de bureaux distants et de succursales devraient être centralisées et archivées pour protéger la confidentialité du client et assurer la disponibilité continue d’informations historiques sur les comptes.

Pour l’instant, les Fintechs sont encore peu voire pas règlementées et ont beaucoup moins de contraintes concernant la protection des données et de leur disponibilité. Pourtant, les consommateurs exigent de pouvoir accéder 24h/24 à leurs informations personnelles en se connectant sur leur compte à partir de leur ordinateur ou leur appareil mobile. Pour s’y conformer, tout l’écosystème des Fintechs doit être davantage règlementé pour être en mesure de proposer une protection de premier ordre.




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