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La pandémie accentue la fracture numérique et les inégalités en termes de protection de la vie privée

mars 2021 par Harold Li, Vice-Président d’ExpressVPN

La Covid-19 montre à quel point les inégalités sont grandes en matière de santé, de revenus, d’emploi ou encore de logement. Bien évidemment, le monde numérique et la vie privée ne font pas exception à la règle. Pour s’adapter à la situation, chacun a dû opérer des changements conséquents dans son quotidien, et par la force des événements, devenir un peu plus vulnérable à mesure que le digital s’immisce dans nos vies.

Alors que la protection de la vie privée devrait être un droit et non un luxe, les technologies et les solutions permettant de se protéger dignement restent inaccessibles à certaines catégories de population. Par ailleurs, d’autres facteurs discriminants peuvent également entrer en compte avec des technologies bâties sur des préjugés autour de l’ethnicité, le genre ou encore d’autres critères.

Le travail et l’apprentissage à distance représentent des risques accrus pour la vie privée tant dans le monde réel que numérique

S’il on prend l’exemple d’un logiciel de surveillance d’examens, qui est apparemment conçu pour déceler les tricheurs potentiels en fonction de leurs habitudes en ligne, il est possible de voir que les discriminations commencent très tôt. Pour ce faire, une coopération intervient entre les professeurs, une IA ou encore d’autres professionnels pour surveiller les élèves au sein de leur environnement, à travers leurs webcams et leurs micros. Ils recueillent également des informations sur les sites que ces étudiants visitent, les applications qu’ils ont installées et éventuellement les fichiers enregistrés sur leurs ordinateurs. Alors qu’un élève partageait ses craintes avec l’un de ses professeurs, ce dernier lui a répondu d’acheter un nouvel ordinateur. Bien évidemment, ceci n’est pas à la portée de tous les étudiants et montre à quel point les inégalités commencent très tôt.

Parallèlement, de nombreuses entreprises insistent pour que leurs employés allument leurs caméras lors de vidéoconférences, même depuis chez eux. Cela les oblige à inviter leurs collègues dans leur intimité. Certains pourront s’organiser un endroit neutre quand d’autres ne pourront faire autrement que de montrer leur intérieur voire des biens personnels et attirer potentiellement les regards indiscrets.

Bien que ces solutions peuvent sembler inoffensives au premier abord, la réalité est qu’il existe un véritable impact sur les personnes selon leur catégorie socio-professionnelle, leur genre ou d’autres critères qui les rendent plus vulnérables dans leur intimité.

Une inégalité visible des richesses selon l’accès aux nouvelles technologies

La fracture numérique impacte la protection de la vie privée. Alors que certains n’ont pas d’accès direct à internet depuis leur domicile, ils doivent bien souvent se connecter à des bornes Wi-Fi publiques pour travailler, étudier ou avoir recours à la télémédecine. En France, il est estimé que 18% de la population vit dans une zone blanche avec peu ou pas du tout d’accès à Internet. Pour certains, le confinement a été un véritable calvaire, avec des temps de connexions extrêmement longs pour pouvoir travailler correctement, générant du stress et de la frustration, en plus de la situation ambiante difficile.

Pour les étudiants n’ayant pas accès à un ordinateur pour suivre leurs cours en ligne, peu de ressources alternatives sont mises à leur disposition. Ils doivent bien souvent s’appuyer sur des solutions fournies par Google comme le Chromebook. Bien que cela soit généreux de la part de Google de fournir des Chromebooks gratuits à des étudiants dans le besoin en cette période de pandémie, le fait de ne leur laisser aucune autre option soulève quelques questions quant à la protection de leur vie privée. Aux États-Unis, l’état du Nouveau Mexique poursuit Google pour atteinte à la vie privée des enfants par le biais de produits éducatifs, en prétendant que l’entreprise traque les activités des élèves en dehors des salles de classe. Ce programme, destiné majoritairement aux élèves issus de milieux à faibles revenus, démontre que personne ne devrait être confronté à des risques pour ses données privées sous couvert de pouvoir bénéficier d’une éducation solide.

La surveillance sur le lieu de travail s’intensifie dans le monde

Pour ceux qui ne peuvent pas travailler à distance, l’intensification de la surveillance sur leur lieu de travail sous couvert de protection sanitaire intensifie le désavantage de classe. Ces salariés sont scrutés de près et subissent cette fracture numérique dans tous les aspects de leur vie privée.

Par ailleurs, d’autres métiers qui concernent principalement les ouvriers d’usine ou à des postes similaires voient de plus en plus la reconnaissance faciale s’imposer sur leur lieu de travail, ou se voient forcés de porter des objets connectés pour pointer au travail.

Bien souvent, aucune option ne se présente pour ces salariés qui sont réfractaires, si ce n’est la démission. Mais pour la plupart d’entre eux, il est impossible de se passer d’un salaire régulier pour vivre. Ils sont donc contraints d’utiliser des outils qui empiètent sur leur vie privée. Encore pire, certaines technologies impactent plus certaines populations très injustement, comme la reconnaissance faciale dont les algorithmes se basent sur des préjugés raciaux ou de genre.

Tout le monde a droit au respect de sa vie privée

La fracture numérique est souvent relayée au second plan et non prise en compte dans un contexte d’injustice sociale. La pandémie et les conséquences qu’elle amène sur nos vies et au travail amplifie cet impact. Le respect de la vie privée est un droit humain indéniable. Il n’y a pas de hiérarchie possible selon les individus et personne ne devrait avoir à y renoncer pour étudier ou gagner sa vie. Pour combler ce fossé, tout le monde, qu’il s’agisse des spécialistes des technologies, des concepteurs de solutions, des employeurs et des gouvernements, se doit de le reconnaître et non d’ignorer cette question fondamentale. Le monde devient de plus en plus dépendant des technologies dans tous les pans de la vie. Il n’a donc jamais été aussi crucial que de protéger les données et les identités en ligne.




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