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Christophe Weiss, APL France : Une démarche Green ne s’improvise pas !

août 2009 par Marc Jacob

Pour Christophe Weiss, Directeur Général d’APL France une démarche green ne s’improvise pas. Mais En effet, il est tout à fait possible de construire green tout en respectant les contraintes issues des besoins de continuité et de sécurisation des utilisateurs de ces centres sensibles et le plus souvent vitaux. Ainsi, Christophe Weill propose dans cet interview quelques pistes de réflexion.

Global Security Mag : Quelle est votre définition du « Green Datacenter » ?

Christophe Weiss : Le qualificatif de Green est dorénavant accolé de manière "sauvage" et sans discernement à tout produit qui se préoccupe de préserver l’environnement comme si cela suffisait à le rendre plus écologique ou plus novateur. Il faut néanmoins savoir que des groupes de travail sérieux ont travaillé et travaillent encore sur le sujet comme la Commission Européenne dans le cadre de son "Code of conduct on Datacenter" au sein de la sous commission pour les économies d’énergie, le Green Grid voire l’ASHRAE aux USA.
Ces organismes qui émanent de regroupements de professionnels du secteur ou de la communauté Européenne tentent de donner une dimension plus "normative" voire simplement plus rigoureuse à ce qui ressemble plutôt à la cour des miracles dans le domaine des Datacenter (comme dans beaucoup d’autres domaines d’ailleurs). A notre sens, et compte tenu du caractère très industriel des Datacenter d’aujourd’hui, le Green Datacenter qualifie principalement l’efficience énergétique de l’ensemble des installations techniques et du bâtiment. Il s’agit donc de réduire son empreinte carbone au cours de son exploitation.
APL France en tant que participant Endorser du Code of Conduct on Datacenter a choisi d’apporter son expérience unique à la Communauté européenne dans ce domaine.

GS Mag : Les nouveaux Green Data Centers sont-ils des vitrines marketing ou sont-ils adaptés à la production ?

Christophe Weiss : Nous voyons de nombreux effets d’annonces sur des projets extraordinaires (sites sous-marins, à l’air libre, etc…) dont il est malheureusement impossible de connaitre le contenu réel et sans doute à juste titre. Certains fondamentaux issus des lois physiques, de l’environnement, des impératifs constructeurs, des réglementations locales, etc…créent des obligations à respecter.
Sans s’empêcher d’innover, et nous sommes par exemple en train de le faire dans le cadre d’un projet très important de construction en freecooling à air pour un grand groupe français , il nous parait essentiel de garantir une transparence dans les technologies adoptées et de ne pas communiquer de manière opaque, voire fantaisiste, dans le simple objectif de frapper les esprit…et la concurrence.
Nous assistons en effet actuellement à une surenchère qui fait sourire les professionnels et qui est essentiellement destinée à appâter le quidam sur le marché du miroir aux alouettes ! Nous voyons de plus en plus d’annonces fantaisistes pour des sites dont la capacité réelle est dix fois moindre voire pour certains qui ne sortiront jamais de terre… Il est tout à fait possible de construire green mais en respectant les contraintes issues des besoins de continuité et de sécurisation des utilisateurs de ces centres sensibles et le plus souvent vitaux.
Est-il vraiment raisonnable de jouer avec la survie des entreprises en cette période de crise ?

GS Mag : Quelles sont les technologies que doit intégrer une salle informatique pour être qualifiée de « Green Datacenter » ?

Christophe Weiss : Toutes les technologies qui entrent dans une conception globale destinée à réduire les consommations électriques tout en garantissant une même performance de calcul peuvent être qualifiées de Green. C’est l’efficience énergétique qui est recherchée compte tenu du caractère très consommateur d’un Datacenter.
Les bonnes pratiques que prônent les organismes sus nommés participent grandement à cette efficience mais peuvent être complétées par des matériels plus efficients de dernière génération, des choix de conception plus économes comme le freecooling à eau ou à air, des architectures techniques moins consommatrices et fiables.
Il est cependant important de noter que la complexité de la conception puis de l’exploitation d’un Datacenter nécessite une longue expérience et une forte compétence qui ne s’improvisent pas.

GS Mag : Les nouveaux serveurs sont-ils vraiment économes en énergie ?

Christophe Weiss : Nous ne sommes pas constructeurs de matériels et il est difficile de se faire un avis clair sur la question devant l’opacité des caractéristiques fournies. Il n’est pas normal d’être contraint de réaliser des essais et tests grandeur nature pour préciser ces caractéristiques comme nous sommes obligés de le faire pour un certain nombre de nos clients.
Nous pouvons néanmoins constater que les nouveaux matériels mettent en œuvre des technologies moins consommatrices et qui adaptent la consommation à la puissance de calcul réellement utilisée.
Par ailleurs, la virtualisation optimise de manière importante le taux d’utilisation des serveurs même si elle ne résoud pas tous les problèmes en terme de consommation notamment. Nous constatons en effet une augmentation forte des dissipations par baie qui contiennent des serveurs virtualisés.

GS Mag : Quels sont les intérêts des systèmes de refroidissement par eau et par air, dans quels cas sont-ils les plus adaptés ?

Christophe Weiss : Si l’on parle ici de systèmes de climatisation de type free cooling à eau ou par air extérieur direct en salle informatique, il est évident que leur utilisation réduit de manière importante les consommations électriques en exploitation.

Néanmoins de nombreux facteurs sont à prendre en compte avant d’en faire le choix :
• La localisation géographique et les éléments climatiques, notamment les courbes de température extérieure sur toute l’année
• La sensibilité des matériels hébergés (hygrométrie, température, empoussièrement)
• Le retour sur investissement
• Le niveau de service recherché
• Les couts d’exploitation
• Réglementations propre au pays à respecter
• Etc…

Il existe plusieurs solutions techniques avec leurs variantes et seule une étude approfondie des besoins et contraintes spécifiques de l’utilisateur permet de faire le bon choix qui est loin d’être standard.

GS Mag : Le positionnement de capteurs de chaleur et les caméras thermiques dans ces salles est-il suffisant ?

Christophe Weiss : Il existe de nombreux moyens de contrôler et de maintenir les bonnes conditions d’environnement des matériels hébergés. Le choix d’une bonne instrumentation en est un mais cela ne suffit pas, loin de là. Les choix de conception, de conduite de l’exploitation ainsi que les logiciels de contrôle et de suivi sont également primordiaux.

GS Mag : Les découpages en zones de haute densité et de basse densité de serveurs ont-ils fait leur preuve ?

Christophe Weiss : Il est évident que le compartimentage des zones par densité, au-delà de la segmentation des risques, permet de mieux contrôler et refroidir les matériels.
Cela participe des règles de bonne conception mais ce n’est pas toujours facile de les mettre en œuvre pour des raisons économiques ou de continuité de service par exemple.
Il est à noter que compartimenter un site existant en plusieurs salles sans interrompre l’exploitation nécessite une forte expérience de ce type de projets et une parfaite maitrise de la réhabilitation en exploitation.
Le nombre et l’importance unique des références accumulées par APL France ainsi que notre connaissance intime des process de l’informatique nous permettent de mener à bien ce type de chantier à moindre risque pour nos clients.

GS Mag : Quelles sont vos recommandations en matière de construction de Data Center vert, voire de rénovation d’ancienne salle informatique ?

Christophe Weiss : Nous avons traité ce sujet de la rénovation des salles informatiques dans le N° 7 de Global Security Mag.
Il nous parait essentiel de ne pas improviser une démarche Green et de ne pas céder aux sirènes marketing de tel ou tel constructeur de matériels.
Il est en effet indispensable de se faire assister par un professionnel de la programmation et de l’ingénierie des datacenters qui loin d’appliquer telle ou telle recette en "copier-coller", se préoccupera d’analyser, d’écouter, de proposer, de concevoir puis de réaliser votre bâtiment informatique au plus près de vos spécificités.




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