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65 % des Français n’ont pas confiance en l’Europe pour garantir la sécurité de leurs données personnelles  !

février 2019 par UBCOM et YouGov France

UBCOM et YouGov France se sont intéressées à la question de la protection des données et la confiance numérique des citoyens à l’occasion du "Safer Internet Day".

Les résultats démontrent que les Français sont pour une large majorité méfiants envers les réseaux sociaux et n’ont aucune confiance en l’Europe pour la garantie de la protection de leurs données personnelles (65 %). Dans un contexte général de passage à l’ère du «  tout numérique  » et dans un objectif de simplification des procédures administratives et de centralisation des données, il apparaît que les Français accordent néanmoins un certain crédit aux organismes privés/publics pour le partage de leurs données (63 %).

Europe et confiance numérique : ça coince toujours !

L’étude révèle que près de deux tiers des français, soit 65 % n’ont pas confiance en l’Europe pour garantir la protection de leurs données personnelles. 42 % n’ont «  pas vraiment confiance  » et 22 % «  pas du tout confiance  ». Un écart de 21 points est perceptible entre la tranche 18-24 ans (52 %) et les seniors de 55 ans et + (73 %) qui peut s’expliquer par un historique politique plus fort et plus tranché de la part des seniors. Globalement, l’ensemble des Français tombe d’accord sur l’incapacité de l’Europe à garantir la protection des données personnelles des citoyens. Un résultat dont il est important de tenir compte à la veille de l’ouverture de la campagne des élections européennes.

Dans quelle mesure avez-vous confiance, ou non, en l’Europe pour garantir la sécurité de vos données personnelles  ?

De manière générale, aucune distorsion entre les zones rurales et les zones urbaines n’est à relever. L’étonnement vient davantage des ménages ayant des enfants, ils sont à 32 % confiants dont 30 % «  plutôt confiants  » en l’Europe pour garantir la protection de leurs données.

« Il est d’usage de penser qu’un parent sera plus attentif aux traitements de ses données personnelles quand il a des enfants, mais le constat exprime une tendance inverse (-7 points).Cependant, avoir des enfants engendre une plus grande consommation de service, IoT domestiques, l’usage de service e-commerce comme la photo, la consommation en puériculture, nécessitant l’installation quasi « obligatoire »de la confiance », explique Frans Imbert-Vier CEO d’UBCOM.

Pour les Français ayant répondu être suffisamment informés sur la protection de leurs données personnelles, ils sont plus de la moitié (58 %) à ne pas avoir confiance en l’Europe sur cette thématique, 7 mois après l’entrée en vigueur du RGPD (Règlement Général de Protection des Données). Quid du RGPD et de sa pédagogie à destination du grand public  ?

En effet, on recense que sur la question de l’information de la protection des données personnelles les Français sont partagés. 40 % estiment l’être «  oui, plutôt  » et 40 % «  non, pas vraiment  » indépendamment de la tranche d’âge puisque jeunes comme seniors se rejoignent. Ce qui peut laisser penser que la scission se fait davantage entre l’entreprise et le grand public.

«  Il est vrai que dans un premier temps le RGPD a surtout été expliqué et adressé au secteur économique. Le citoyen n’a pas pu bénéficier du même accès et des mêmes formations au regard de ce règlement. Mais, nous ne doutons pas que les 6 prochains mois seront destinés à mettre en place des outils simples et accessibles au grand public, afin que chaque citoyen européen prenne connaissance de ses droits  », continue Frans Imbert-Vier.

Échange de données et GAFAM : le paradoxe français  !

En décembre dernier, la fédération d’e-commerce et vente à distance (FEVAD) a recensé que 73 % des Français ont fait leurs achats sur internet. Contraint ou par choix, le e-commerce prend de l’envergure et nécessite de transmettre un certain nombre de données personnelles. Il n’est d’ailleurs pas rare que les sites proposent une inscription via les réseaux sociaux. A la question sur le degré d’assurance de la confidentialité des données personnelles, plus des deux tiers des Français la jugent insuffisante sur internet en général (67 %) et sur les réseaux sociaux (72 %). Pour autant, ils sont plus de 46 % à estimer qu’ils peuvent échanger des informations «  sans risque  » sur les réseaux sociaux notamment celles relatives à l’identité (nom, prénom, âge…), celles relatives aux contacts (adresse mail, pseudo sur RS…) ou encore celles relatives au comportement (types de données appréciées, habitudes de connexion). En tête de liste les «  digital natives  » (75 %) qui acceptent de partager l’ensemble de leurs données personnelles sur les réseaux sociaux et en queue de peloton, les seniors à 32 %.

Parmi les informations personnelles suivantes, lesquelles partageriez-vous sans risque sur vos réseaux sociaux  ?

Concernant les informations plus sensibles comme les données médicales ou encore les données biométriques l’ensemble de la population française affirme très nettement sa réticence à transmettre ce type d’informations sur les réseaux sociaux, respectivement 4 % et 3 %.

«  Les “digital natives” ont grandi avec le web 2.0 et la génération qui les suit est née avec les GAFAM. Il n’est pas étonnant de voir ce genre de résultat. Les jeunes ont confiance en les réseaux sociaux, ils vivent, respirent, mangent et dorment réseaux sociaux et communautés virtuelles. C’est pour cela que cette population doit être la plus surveillée et la plus éduquée aux dangers cyber. S’il leur parait inconcevable de vivre sans objets connectés, il faut les familiariser aux enjeux du virtuel comme nos parents et grands-parents étaient familiarisés aux enjeux du réel  ! C’est un enjeu colossal à l’heure où la société amorce une transformation profonde de son mode de fonctionnement, les usages numériques prédominent et anesthésient les utilisateurs des potentiels dangers  », alerte Frans Imbert-Vier.

En effet, l’étude recense que près d’un français sur 5 a déjà été victime d’un piratage de ses données personnelles ou de ses données bancaires. La tranche des 25-34 ans représente 4 % des Français qui ont déjà été victimes à la fois d’un vol d’identité, d’un piratage de données personnelles et bancaires. Cette cible correspond à la plus consommatrice des usages numériques, entrée dans la vie active, accumulation des comptes RS et d’achats sur internet (voyages, loisirs, shoppings…).

Avez-vous déjà été victime…  ?

L’épreuve des services numériques de l’État sur les données sensibles

La décentralisation des services de l’État du niveau national au niveau régional couplée d’une numérisation de l’ensemble des documents administratifs des administrés ; l’Etat amorce le virage du numérique en force et en accélérant les mutations des services. Mais qu’en est-il de l’engagement et de la confiance des citoyens en cette ère du «  tout numérique  »  ? 63 % des Français échangent déjà un certain nombre de données avec les organismes publics et privés. Mais la majorité des données échangées restent de l’ordre de l’accessible par tous (données à caractère personnel identitaire (52 %) et de contact (36 %)). Une marge de manœuvre reste à produire quant aux données caractérisant l’identité génétique des personnes (données médicales/biométriques) pour générer une meilleure confiance du citoyen à l’usage du numérique. La pédagogie pour amener les citoyens vers l’usage d’un carnet de santé numérique ou d’un dossier médical numérique universel est nécessaire. En effet, seulement 22 % des français sont prêts à fournir des renseignements sur leurs données médicales et seulement 16 % concernant leurs données biométriques, pourquoi  ? “L’information biométrique est perçue comme très personnelle, relevant presque de l’intime. Par ailleurs, le citoyen n’a pas toute la visibilité quant aux conséquences de la mise à disposition de ce type de données. Cette méfiance issue du doute augmente avec la confiance faible à l’égard du secteur médical et particulièrement les laboratoires et l’industrie pharmaceutiques que les derniers scandales n’ont pas vraiment blanchis. Les réformes de santé sont grandement tributaires de la transformation numérique pour être un succès en vue d’obtenir l’économie recherchée et proposer un meilleur service au citoyen en même temps. Ce score peu éveiller les acteurs politiques quant à la méthode et la forme proposée pour exécuter cette transformation“ explique Frans Imbert-Vier.

Parmi les informations personnelles suivantes, lesquelles partageriez-vous sans risque à des organismes privés/publics  ?

Les plus enclins à partager ces données sont la tranche des 35-44 ans toutes zones d’habitation confondues. Le partage des données biométriques reste un sujet très sensible sur l’ensemble de la population et plus particulièrement chez la tranche des 18-24 ans (10 %).“Paradoxalement, les digital natives ont plus conscience du risque relevant d’une information biométrique. On peut l’expliquer par l’approche culturelle des technologies qu’ils maîtrisent mieux que leurs ainés et analysent mieux en finalité les risques qu’une telle donnée peut produire“ rappelle Frans Imbert-Vier.

En conclusion, cette étude réalisée par YouGov France pour le compte d’UBCOM démontre que le processus de pédagogie amorcé par le grand débat national pour des sujets sociétaux doit être étendu à l’ensemble des problématiques qui concerne le citoyen. Tous les acteurs publics/privés doivent contribuer à rendre plus lisibles les réglementations transposées et les lois mises en œuvre dans le pays. L’effort fourni en matière de sécurité numérique doit être porté à la vue de tous, car il est un enjeu de sécurité nationale. L’Europe doit quant à elle transformer sa communication à l’égard du citoyen pour mieux valoriser les actions qu’elle entreprend dans l’intérêt de tous.




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