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La vie privée passe par la capacité à choisir sa vie publique

juin 2010 par Emmanuelle Lamandé

Daniel Kaplan, Délégué Général de la Fing, présentait cette semaine son nouveau livre « Informatique, Libertés, Identités », qui rassemble les pistes explorées par la Fing depuis 2008 dans le cadre de son programme « Identités Actives ».

« On n’a jamais autant débattu des moyens de protéger la vie privée dans nos sociétés informatisées ni déployé de moyens de capturer et d’utiliser des informations sur les personnes. Et pourtant les individus publient toujours davantage d’informations sur eux-mêmes… Paradoxe ? Inconscience ? Hypocrisie ? Ou émergence d’une nouvelle manière de défendre et d’utiliser ses libertés, dans laquelle on ne se protège que pour mieux se projeter vers les autres, vers le monde ? » remarque Daniel Kaplan.

Tel fut le constat de base de cet ouvrage, qui propose de nouvelles pistes et manières de penser les relations entre identité, vie privée et informatique. Pour lui, la vraie valeur de la vie privée est de permettre à chacun de choisir et conduire sa vie publique. Au fil de son œuvre, il suggère un véritable programme basé sur un triptyque : l’information, les compétences et l’outillage. Trois aspects ayant pour optique d’éduquer, mettre en capacité, protéger et défendre les individus.

L’ouvrage explore différents concepts, tels que :
- L’hétéronyme : il s’agit d’une personnalité en ligne reconnue, mais distincte de notre identité civile.
- Le droit à l’oubli : un droit nécessaire mais très difficile à faire respecter. Ne faudrait-il pas plutôt parler de droit à l’alibi ? L’objectif serait de dégrader la qualité des données de manière à ne plus y accorder autant d’importance. Le recours à l’obfuscation permettrait de noyer les informations pertinentes sous un déluge de données aléatoires, rendant les profils web inexploitables par les prospecteurs.
- L’ePortfolio, une sorte de CV du XXIe siècle, serait une manière de rassembler l’ensemble des données hétéroclites qui font la preuve de nos compétences.
- La carte d’identité blanche certifie des informations (nationalité, âge légal, détention d’un droit...) sans dévoiler d’information sur l’identité de son porteur.
- Le « droit d’accès et de récupération » permettrait aux individus de récupérer les données dont les organisations disposent sur eux, pour s’en servir à leurs propres fins.
- La création d’un VRM (Vendor Relationship Management) : le symétrique du CRM, afin que clients et vendeurs soient sur un « pied d’égalité ».

Pour Isabelle Falque Pierrotin, Vice-présidente de la CNIL, la notion d’hétéronymat serait une idée intéressante à développer. Se pose, à ce niveau, la question du tiers de confiance qui aurait en charge la gestion de ces identités. Elle est également favorable à la création d’une discontinuité et d’une dégradation de l’identité numérique, soit casser et ternir l’information.

Jean-Marc Manach, journaliste à InternetActu.net, souligne un amalgame récurrent dans ce débat. Les gens parlent de protection de la vie privée, alors que ce qu’ils ont à défendre sur Internet c’est leur vie publique. Il condamne, de plus, la diabolisation d’Internet. Pour lui, le véritable problème n’est pas l’Internet, mais la société de surveillance dans laquelle nous évoluons.

Pour Serge Ravet, directeur de l’European Institute for E-Learning (EifEL), il faudrait changer l’architecture même d’Internet et développer ce qu’il appelle l’Internet des sujets. Celui-ci sépare le stockage des données personnelles de leur exploitation. L’objectif est d’arriver à une symétrie entre le système d’informations personnelles et celui des organisations. L’Internet des sujets se met en regard de l’Internet des objets. Il reposerait sur sept règles : le contrôle personnel de ses données, le fait d’être découvrable, l’ubiquité, la symétrie, un réseau social instantané, la minimisation et « l’accountability ».




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