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La blockchain : opportunités, avantages et limites

juillet 2017 par Serge Niango, Directeur Avant-Vente France, Citrix

Enregistrant chaque année des niveaux croissants d’investissement, de progrès technique et d’enthousiasme, la blockchain apparaît comme une technologie prometteuse pour divers secteurs. Parce qu’elle questionne fondamentalement les schémas informatiques traditionnels de la mise à disposition et du partage sécurisés d’information, nous nous devons chez Citrix de comprendre et faire comprendre les enjeux de la blockchain sans en fantasmer les bienfaits.

La blockchain, qu’est-ce que c’est ?

Repartons du début : la blockchain est une base de données qui stocke par ordre chronologique des enregistrements appelés des blocs. Ces blocs sont privés ou publics et les utilisateurs qui les composent appelés des nœuds. Dans le cadre d’une blockchain privée, seul un nombre limité d’acteurs peut, sur autorisation, enregistrer des transactions ou modifier le registre. Une blockchain publique est ouverte à tous les nœuds et régulée grâce à un système de contrôle distribué entre les utilisateurs eux-mêmes.

Imaginons une base de données répertoriant des transactions, c’est-à-dire des échanges de données, entre des utilisateurs. Lorsqu’un utilisateur demande à effectuer une transaction, cette dernière est transmise au réseau de nœuds de la blockchain, où elle est validée en fonction des transactions précédentes enregistrées dans la chaîne de blocs. Si la transaction est valide, elle est alors affectée à un bloc et ce bloc vient s’ajouter à la blockchain. Les blocs étant diffusés sur le réseau, chaque nœud peut vérifier la validité des transactions des autres, ce qui en renforce la sécurité. L’idée est d’éliminer les risques liés à un stockage centralisé des données en lui substituant un système plus long, plus vaste et plus distribué. Ce type de système rend plus difficile l’isolement de chaque ordre pour l’exécution de transactions frauduleuses. C’est en 2013 que la blockchain est apparue sur le devant de la scène en tant que technologie sous-jacente du bitcoin.

Pour les services financiers… mais pas seulement

Le secteur des services financiers a été le premier à s’enthousiasmer largement pour cette technologie. Ces trois dernières années, 50 géants des services financiers, tels Visa, Deloitte et Western Union, ont investi dans les technologies du bitcoin et de la blockchain. Selon les prévisions d’IBM, 15 % des banques à travers le monde utiliseront la blockchain cette année, une proportion qui devrait atteindre 66 % en 2021.

Désormais, d’autres grands secteurs d’activité dans de nombreux domaines – administration, santé, commerce, chaîne logistique – envisagent des solutions reposant sur la blockchain pour réinventer leurs processus et leurs infrastructures. Ce qui nous amène à la question suivante : en quoi la blockchain est-elle intéressante pour ces différents secteurs ?

La fin des intermédiaires

Qu’ils concernent des particuliers ou des entreprises, les paiements ou plus largement l’échange de données à caractère sensible nécessitent l’intervention de tiers de confiance, d’intermédiaires, comme par exemple des banques. Cependant, ces intermédiaires ralentissent les opérations et augmentent leurs coûts, en particulier dans le cas de transactions internationales. La blockchain peut éviter le recours à des tiers de confiance car elle s’appuie sur un système distribué de type « peer-to-peer » pour valider les transactions.

Grâce à cette technologie, les banques peuvent effectuer des transferts de fonds transfrontaliers en temps réel, tout en surveillant les tentatives de fraude. Etant donné que les virements internationaux donnent habituellement lieu à des commissions d’intermédiaires pouvant atteindre 20 milliards de dollars, la blockchain se révèle précieuse pour éviter les frais excessifs, faire économiser aux banques des milliards et, en définitive, leur permettre de proposer des services plus économiques aux consommateurs.

Un Internet des objets plus connecté

Une fois les équipements de l’IoT reliés à la technologie blockchain, un pôle central n’est plus nécessaire pour gérer la communication entre eux. Ces objets peuvent dès lors agir de façon autonome et communiquer les uns avec les autres pour exécuter des tâches en chaîne ou même mettre à jour leur logiciel.

Dans le secteur du transport, un problème coûteux est lié à la falsification des documents d’expédition, pouvant aboutir au vol de marchandises et à de la contrebande. Il est possible d’installer, par exemple, des capteurs dans les conteneurs afin de suivre les expéditions en temps réel pour vérifier le respect des délais et détecter d’éventuelles anomalies. Toutes ces informations sont collectées et enregistrées de manière sécurisée au moyen de la blockchain.

Des contrats exécutés plus efficacement

Un contrat intelligent (smart contract) est un programme informatique qui exécute une logique contractuelle déterminée par les parties concernées et agit comme un tiers autonome dans le cadre des dispositions convenues. Cela se traduit par une efficacité et une transparence accrues dans l’exécution de tout type de contrat numérique, grâce à une réduction au minimum des opérations manuelles.

Le secteur industriel doit aujourd’hui acquitter une sorte de « taxe de confiance », qui consiste à instaurer une relation de confiance avec les différents intermédiaires participant à la transaction. Cela implique des audits et inspections permanents. La blockchain offre une mémoire aux produits, c’est-à-dire que des objets physiques peuvent y enregistrer des informations relatives à leur propriété et à leur mouvement tout au long de la chaîne logistique. La taxe de confiance est donc éliminée car des fonctions inaltérables de suivi des produits génèrent des données mises à la disposition de toutes les parties. C’est la traçabilité de ces informations qui permet de justifier la confiance. Là encore, cela réduit le temps et les ressources nécessaires à l’exécution des contrats.

Des obstacles insurmontables ?

Même avec ces caractéristiques innovantes, la technologie blockchain ne va pas sans poser certains problèmes notables.

Latence de traitement : la blockchain repose sur le réseau de nœuds pour valider les transactions, une opération qui prend en moyenne 8 minutes. En l’état actuel, la lenteur de ces vérifications freine l’adoption de cette technologie, en dépit de son caractère novateur. Le réseau et notamment les technologies de networking sont nécessaires pour accélérer les échanges mais aussi les sécuriser.

Absence de supervision réglementaire : le système peer-to-peer distribué semble ne laisser aucune place à une instance de régulation. La législation et les réglementations sont à la traîne, laissant ouverte la question d’un fonctionnement sans cadre juridique.

Déficit de compétences techniques : dans toute entreprise, une nouvelle technologie peut semer la confusion dans l’esprit de ceux qui sont en phase d’apprentissage. Les employés qui ne se tiennent pas au fait d’une technologie radicalement différente risquent de commettre des actions dangereuses pour la sécurité et de ralentir les opérations.

Incompatibilité avec les systèmes informatiques existants : cette technologie révolutionnaire exige de profonds changements dans les systèmes existants et des investissements élevés au moment de la transition.

Contrôle, sécurité et confidentialité : bien que la blockchain fasse appel à des techniques cryptographiques avancées, le partage des livres de comptes des transactions peut néanmoins entraîner des fuites d’informations et menacer la confidentialité.

La blockchain n’est pas une panacée. En confiant à la somme des utilisateurs le rôle jusqu’ici réservé à quelques-uns de tiers de confiance, elle a par essence le potentiel de faire du plus grand nombre des acteurs de la transformation numérique. Plus qu’une gageure donc.




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