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FIC : l’Europe reprend la main sur son destin numérique

février 2016 par Emmanuelle Lamandé

L’Europe exporte aujourd’hui massivement ses données au plus grand profit d’entreprises extra-européennes. Dans ce monde globalisé, le nouveau règlement européen sur la protection des données personnelles lui permettra-t-elle de reprendre la main sur son destin numérique ? Quel impact aura-t-il sur l’industrie européenne ? L’Europe saura-t-elle saisir cette chance ? Quelques éléments de réponse à l’occasion du FIC.

Le nouveau règlement européen relatif à la protection des données à caractère personnel représente une chance pour l’Europe, estime Isabelle Falque-Pierrotin, Présidente de la CNIL. En effet, à travers ce règlement, elle a choisi de positionner les données comme élément de droit fondamental. Ce n’est pas juste un matériau. Les européens, par ce biais, entendent bien donner les clés à l’utilisateur final. L’Europe a clairement son rôle à jouer en la matière.

Culture de la donnée : une opportunité pour les entreprises européennes

Les pays européens ont dès à présent toutes les possibilités de faire de ce règlement un actif positif pour les entreprises. N’importe quel acteur sera soumis au règlement dès qu’il traite des données sur le sol européen, ce qui touche donc une grande majorité d’entreprises.

Concrètement, il sera demandé à tous les acteurs concernés d’adopter dans leurs usages une culture de la donnée, concernant entre autres sa collecte, sa sécurisation, son droit d’accès et de rectification… La durée de conservation des données doit, quant à elle, être liée à la finalité de la collecte… Le règlement consacre également la désignation d’un DPO (Data Privacy Officer) en entreprise, qui sera en charge de la gouvernance de la donnée.

Le texte définitif sera connu dans les mois à venir. Chacun disposera de deux ans pour déployer les outils et processus liés à la bonne application du texte. La CNIL accompagnera bien évidemment les entreprises en ce sens. Elle développe d’ailleurs actuellement des packs de mise en conformité par secteur, et souhaite ainsi donner la capacité aux acteurs de se développer, mais dans le respect de vie privée.

Le point de départ d’une Europe qui s’approprie la dimension numérique

L’objectif du règlement est d’apporter aux entreprises européennes un argument concurrentiel. Il répond d’ailleurs directement aux attentes du marché, à savoir davantage de confiance et de régulation.

La décision de la CJUE d’invalider le Safe Harbor est, quant à elle, historique. Elle reflète, avant tout un problème politique entre l’Europe et les États-Unis quant à la manière dont les gouvernements accèdent aux données. Cette décision, comme le nouveau règlement, ne vise pas non plus à imposer sa Loi au niveau international, mais représente le point de départ d’une Europe qui s’approprie la dimension numérique.

Le règlement est effectivement une opportunité pour l’Europe, estime Olivier Burgersdijk, EC3 Head of Strategy - Europol. Il représente une mesure de protection minimale nécessaire pour que la protection des données personnelles soit prise au sérieux. L’Europe aura, en outre, plus de poids dans la balance internationale. Ce règlement est essentiel pour créer un monde plus sûr.

Pour David Martinon, Ambassadeur pour la cyberdiplomatie et l’économie numérique, ce nouveau règlement représente également une chance pour l’Europe. Il faut que les utilisateurs puissent avoir confiance, avant d’accepter de livrer leurs données à caractère personnel. Toutefois, cet effort relatif à la protection des données à caractère personnel ne doit pas s’arrêter au niveau national ou européen. De plus, souligne Yves Eudes, Journaliste, Le Monde, « ce règlement sera une véritable chance si l’Europe décide de saisir la balle au bond ».


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