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Commandant Karine Beguin, C3N : avec PERCEVAL, les victimes pourront désormais signaler les fraudes à la carte bancaire en ligne

janvier 2018 par Emmanuelle Lamandé

Le phénomène de fraude à la carte bancaire connaît une croissance exponentielle ces dernières années, notamment avec la prolifération des achats sur Internet. Jusqu’à présent, les auteurs de ces escroqueries restaient la plupart du temps impunis. Pour pallier ce phénomène et ses préjudices, la Gendarmerie nationale a mis sur pied PERCEVAL, un nouveau dispositif qui permettra aux victimes de signaler les fraudes à la carte bancaire en ligne. Le Commandant Karine Beguin, Centre de lutte contre les criminalités numériques (C3N), nous présente plus en détails PERCEVAL, dévoilé lors de la 10ème édition du Forum international de la cybersécurité à Lille.

Global Security Mag : Pouvez-vous nous présenter PERCEVAL ?

Karine Beguin : PERCEVAL signifie Plateforme électronique de recueil de coordonnées bancaires et de leurs conditions d’emploi rapportées par les victimes d’achats frauduleux en ligne. Il s’agit d’un nouveau dispositif de signalement en ligne des usages frauduleux de cartes bancaires.

Jusqu’à présent, lorsqu’un individu est victime d’une fraude à la carte bancaire, il contacte sa banque et se fait généralement rembourser, mais le plus souvent aucune poursuite judiciaire n’est engagée. Le processus s’arrête donc là. Pourtant, le préjudice est considérable et l’ampleur de ce phénomène exponentielle. En 2016, près d’1,14 million de personnes ont été victimes de fraudes à la carte bancaire. Le préjudice de cette fraude est estimé à 250 millions d’euros par an en France. C’est pourquoi la Gendarmerie nationale a souhaité réagir en créant ce nouveau dispositif, qui sera opérationnel d’ici deux semaines.

Les personnes pourront désormais directement signaler les fraudes à la carte bancaire dont elles sont victimes sur le site Service.public.fr, via l’onglet « Fraude à la carte bancaire ». Toutefois, avant tout signalement, il est essentiel qu’elles fassent dans un premier temps opposition à leurs cartes bancaires. Les victimes pourront ensuite accéder à la plateforme de signalement, une fois authentifiées via le portail France Connect, le dispositif de l’État qui permet aux Français d’accéder aux services publics en ligne de manière sécurisée. Une fois les informations personnelles de la victime renseignées ou confirmées, celle-ci pourra remplir le questionnaire relatif au signalement de la fraude. Les informations suivantes lui seront alors demandées : le numéro de la carte bancaire, le nom de la banque, la date, le libellé et le montant en euros de la dépense, ainsi que toute autre information qui permettrait aux enquêteurs de faire des recoupements et de remonter jusqu’aux auteurs de ces infractions. La victime recevra par la suite un récépissé relatif au signalement de sa fraude, qui pourra lui être demandé lors de démarches futures (remboursement de la banque, poursuite judiciaire…).

L’objectif de cette démarche est de pouvoir recueillir le maximum d’informations, mais aussi de pouvoir recouper dans certains cas les affaires entre elles. Le service central de recoupement criminel aura ainsi plus de chance de remonter jusqu’aux auteurs de ces infractions et pourra par la suite ouvrir des enquêtes judiciaires. PERCEVAL nous offrira également une meilleure vision sur ce phénomène de fraude à la carte bancaire et nous permettra de mieux pallier ces préjudices.

Nous travaillons, en outre, actuellement avec les banques, afin qu’elles puissent diffuser l’information relative à PERCEVAL, l’objectif étant qu’à terme elles puissent directement envoyer les victimes de fraude à la carte bancaire vers ce nouveau dispositif.

GS Mag : De manière plus générale, quelles ont été les infractions les plus fréquentes en 2017 ?

Karine Beguin : Globalement, nous avons pu observerles mêmes types d’infractions qu’en 2016, à savoir des cas :
- d’escroqueries en tout genre sur Internet,
- d’atteinte sur les systèmes automatisés de données,
- d’apologie du terrorisme,
- et de pédopornographie.

L’année 2017 a également été marquée par d’importantes vagues de cyberattaques de type ransomwares (Wannacry, NotPetya…). Plusieurs enquêtes et procédures concernant ces évènements sont actuellement en cours.


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