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Colonel Nicolas Duvinage, C3N : escroqueries sur Internet, apologie du terrorisme, ransomwares… des phénomènes en plein essor

janvier 2017 par Emmanuelle Lamandé

Le Colonel Nicolas Duvinage, Chef du Centre de lutte contre les criminalités numériques (C3N), Pôle judiciaire de la Gendarmerie nationale (PJGN), revient, à l’occasion de la 9ème édition du FIC, sur les principales évolutions de l’activité du C3N et des cybermenaces en 2016. Plusieurs phénomènes sont aujourd’hui en plein essor, comme les escroqueries sur Internet, les ransomwares ou les cas d’apologie du terrorisme.

Réseaux sociaux & jeux en ligne : des vecteurs privilégiés pour l’apologie du terrorisme

« La lutte contre l’apologie du terrorisme représente désormais une part importante de l’activité du C3N, en particulier sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter…), mais aussi sur les jeux vidéo en ligne. Ces derniers sont, en effet, devenus une source de propagande, notamment via les interfaces de chat. Certains joueurs viennent également intégrer des lettres directement dans les scènes de jeu, afin d’y transmettre des messages d’apologie. Cette technique est aujourd’hui en plein essor, même si les réseaux sociaux restent le vecteur privilégié des criminels. On y retrouve, de plus, deux types d’acteurs : ceux qui vont relayer les messages de propagande et ceux qui vont primo-diffuser ces messages, c’est-à-dire ceux qui en sont à l’origine », explique le Colonel Nicolas Duvinage.

Pour lutter contre ces phénomènes et les aider dans leurs démarches, les gendarmes peuvent s’appuyer sur certains outils qu’ils ont achetés ou développés, mais une partie du travail reste manuelle. La propagande passe aujourd’hui par du texte, de l’image ou de la vidéo. Toutefois, les logiciels et les outils automatisés ne peuvent pas détecter tout type d’apologie, d’autant que les acteurs malveillants sont toujours plus ingénieux dans leurs démarches. Ils arrivent désormais à mixer des bouts de texte et d’image, qui ne prennent sens que par la combinaison de chaque élément. Le message reste donc incompréhensible et indétectable pour un outil qui analysera uniquement le texte ou l’image. D’où la nécessité du facteur humain, et de l’action des gendarmes dans cette démarche.

« Le plus souvent, les cas d’apologie du terrorisme que l’on trouve sur les jeux connectés sont issus de jeunes souhaitant faire le buzz, tandis que sur les réseaux sociaux les individus sont majoritairement acquis à la cause. Ces réseaux sont devenus de véritables outils de recrutement et de collecte d’argent pour les terroristes. » Cependant, chaque individu commettant un tel délit peut actuellement faire l’objet d’une peine de 7 ans de prison et de 100 000 euros d’amende.

Depuis les attentats de novembre 2015, « plus de 4 millions de tweets ont été analysés, et plusieurs dizaines d’enquêtes judiciaires ouvertes. Plusieurs dizaines d’individus suspects ont été identifiés et ont fait l’objet de perquisitions et de gardes à vue. »

Escroqueries en ligne : de nouveaux dispositifs pour lutter contre ce fléau

« Parmi les autres évolutions majeures de l’année 2016, on retrouve également les escroqueries sur Internet, qui sont en plein essor », constate le Colonel Duvinage. Auparavant, pour lutter contre ce phénomène, les gendarmes ne disposaient pas d’un système centralisé au niveau national, avec pour conséquence un éclatement des plaintes et des procédures judiciaires sur l’ensemble du territoire, bien que le cyberescroc soit le même. Par exemple, pour un criminel ayant arnaqué 80 victimes, 80 procédures judiciaires étaient alors ouvertes en France, sans recoupement entre les affaires. Cela représentait une perte de temps et d’efficacité considérable, et s’avérait financièrement très coûteux.

« Un outil nous permet désormais à l’échelle nationale de recouper l’ensemble de ces informations et de ces traitements. Nous disposons aujourd’hui d’une remontée du renseignement judiciaire et criminel. Dès qu’une plainte est déposée à la gendarmerie, un rapport nous est envoyé. Nous recevons en moyenne 5000 rapports par mois, ce qui signifie que la cybercriminalité représente environ 5000 nouvelles plaintes et nouvelles victimes chaque mois, sans compter les cas dont nous n’avons pas écho. »

Comme l’a annoncé le ministre de l’Intérieur, Bruno Le Roux, lors du FIC un nouveau dispositif de signalement en ligne des usages frauduleux de cartes bancaires, ainsi qu’un système de plainte en ligne dédié aux escroqueries sur Internet seront prochainement déployés. La conception et la réalisation de ces deux projets, respectivement baptisés PERCEVAL et THESEE, ont été confiées à la Gendarmerie et à la Police nationales.

Ransomwares : un phénomène en pleine explosion

En outre, « nous assistons aujourd’hui à une véritable explosion du nombre de ransomwares. En 2015, plusieurs dizaines de cas avaient été recensés ; en 2016, ce sont plusieurs centaines de cas. Ce phénomène affecte tout type d’entreprises, y compris les PME, ainsi que les collectivités, les établissements hospitaliers… Les préjudices sont plus ou moins forts selon les cas. En moyenne, la rançon exigée se situe entre 500 et 5000 euros en bitcoins. De plus, les ransomwares peuvent littéralement paralyser l’entreprise ciblée et son activité, avec des conséquences parfois très lourdes. Nous avons affaire à des réseaux de criminalité organisés, dont le préjudice collectif est estimé à plusieurs millions d’euros. » Un phénomène à suivre de près en 2017…


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