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Cloud Independence Day : l’Europe doit protéger les données personnelles contre vents et marées

juin 2018 par Thomas VEIL

La 4ème édition, la Cloud Independence Day a un cycle de conférence sur la souveraineté numérique versus le RGPD. Les débats ont mis à l’évidence l’importance pour l’Europe de ne pas dépendre des entreprises outre atlantique et de pouvoir protéger nos données personnelles contre vent et marée.

En préambule du débat qu’il a animé, Antoine Jacquier, co-fondateur de Nuageo, a montré l’importance de la souveraineté numérique afin de mieux protection de la protection des données quelques soit leurs types dès lors que l’on ne contrôle pas les infrastructures.

Une vision pessimiste nous est présentée au cours de cette table ronde. En effet, la souveraineté signifie être maître et autonome vis-à-vis de nos données. Pour autant notre souveraineté numérique est mise à mal par une absence de choix pour les entreprises. En effet, leurs choix sont dirigés par les solutions du marché qui sont plutôt en provenance d’outre Atlantique et encore trop peu d’Europe. Ce qui est inquiéta nt car tous les équipements sont à l’heure actuelle plus ou moins connectés et envois un flux connectés d’où la nécessité d’avoir une souveraineté maitrisé par rapport à des éléments importants.

En ce qui concerne les données personnelles sur les réseaux sociaux comme twitter, Facebook… la « bataille » est annoncée comme perdu, le retour en arrière est possible mais nécessite de nombreuses mesures.

Par la suite chacun des intervenants nous présente quel serait l’enjeu majeur de la souveraineté. Il est apparu que dans le domaine du Cloud Computing si des offres européennes existent en matière de IAAS et de PAAS, mais aucune à ce jour pour le SaaS en particulier en matière de messagerie. Il est donc urgent que la France et l’Europe sortent du rôle de suiveur qui est attribué en proposant des solutions alternatives au SaaS américains. L’annonce faite par l’ANSSI de certifier des clouds de confiance est une avancée, mais elle devrait se généraliser à l’ensemble des pays européens. Thierry Floriani, RSSI d’Antemeta a aussi déploré que les entreprises européenne ne savent pas proposer des solutions de masses et font trop souvent du sur-mesure ce qui grève les prix des produits.

Mélanie Bernard-Cozat, Pierre Bellanger et Guy-Philippe Goldstein

Vers la fin des Etats nations ?

Au cours du regard croisé animé par Pierre Bellanger, président et fondateur de skyrock et Guy-Philippe Goldstein, chercheur et consultant en stratégie mettent l’accent sur la redistribution des cartes au niveau des structures de pouvoirs ainsi qu’au niveau des Etats. En effet, ces derniers annonce l’arrivée des Empire Cyber et la mise à mal des Etats nations, de par l’efficacité que les technologies numériques ont gagné entre autre. Elles sont devenues un millier de fois plus efficace depuis leur début et viennent remplacer de plus en plus les Etats par les offres de services qu’elles proposent.

La situation est critique pour les États nations, l’heure est à la dissolution de la nation avec les propositions de choix limités et orienté. Chaque nation se répartit sur différents serveurs dans le monde. Dans un monde privé de souveraineté et donc de liberté chacun cherche a trouvé le meilleur endroit pour ses données. Toutefois, Guy –Philippe Goldstein considère que les petites puissances arrivent à maintenir leur souveraineté en se focalisant sur certains domaines d’activités afin d’avoir une influence et une utilité envers les autres puissances. Elles arrivent ainsi à maintenir grâce à leurs situations numériques naissantes et prennent de plus en plus d’importance vis-à-vis de ces autres puissances qui sont en déclin en termes de souveraineté.

Les données sont le point de départ de la souveraineté mais l’intérêt n’est plus porté sur la donnée personnelles, jugée dépassée car ne renseignant que sur sa source. Pour décrire la souveraineté trois mots sont utilisés avec pour chacun une signification bien précise. Le territoire est le continent de données, les barrières qui correspondent aux chiffrements des données et une loi commune. L’état naturel de la donnée nous est présenté comme étant l’état de guerre. Une valeur ajoutée peut être comprise dans cette définition de la souveraineté, les écosystèmes de talent qui représente le point maximal de la valeur ajoutée. Ces écosystèmes nous permettent de fabriquer des services qui seront utile pour les clients. Les faire vivre semble donc être une priorité.

Pour finir Guy-Philippe Goldstein met en avant l’absence de stratégie réelle des Etats en matière de souveraineté numérique alors que le risque est bien là. Les sujets de la souveraineté ne sont plus traités et laissés de cotés. Pour remédier à ce problème, il propose d’adopter de nouveaux protocoles de chiffrements et de procéder à une extra territorialisation de nos données afin de devenir des acteurs agissant pour l’Europe et non plus uniquement sur l’hexagone.

La donnée c’est l’information… et l’information c’est le pouvoir

La conférence sur les stratégies de la donnée animées par Mélanie Bernard-Cozat, rédactrice en chef de S&D Magazine entourée par le député Eric Bothorel, Bernard Lassus, directeur du programme Linky d’Enedis, Jean Larroumets PDG d’Egerie, Christophe Leray, DG de Stime a fait un panorama rapide de l’importance de la donnée.

Nos experts ont expliqué que la donnée est identifiée comme l’information, or l’information c’est le pouvoir. Cela ne se partage donc pas. L’une des stratégies proposées par les intervenants c’est l’appropriation, c’est-à-dire de faire en sorte qu’une personne qui veuille manipuler la donnée cliente ou autre s’en sente propriétaire. Il faut aussi revoir l’approche que l’on a de la donnée différencié. En effet, il existe trois données : protégées, sensibles et ni sensible ni protégés. Eric Bothorel a souligné que la France de l’internet est hétérogène du fait des zones blanches qui généralement ne sont pas rentable pour les opérateurs. Nos experts attirent notre attention sur l’open data, une source de données ouvertes, ainsi que ses limites très présente en France. Il ne faut pas regarder ses données de manières naïves mais plutôt en connaître les usages qui en sont fait. Le but de cette manœuvre est de mettre à disposition la donnée d’en voir les différentes évolutions possibles. Il en résulte parfois des utilisations intéressantes pour ce libre accès de données. Notamment créative ce qui encourage cet open data. Toutefois des utilisations commerciales ou économiques en font les limites de ces données publiques. En effet, ces données sont convoitées et une fois accaparées par des particuliers ces dernières sont revendues.

Cloud computing et droit de l’Homme incompatible ?

Cette 4e édition du Cloud Independence se clos sur une note un peu plus complexe avec le lien entre le cloud computing et les droits l’Homme animé par Guillaume Tessier, directeur général de CEIS et administrateur d’Hexatrust. La notion de biens communs est abordée d’entrée de jeu comme étant les données que nous sécrétons. Au cours de cette table ronde, Geneviève Bouché, chef d’entreprise et docteur en sciences des organisations est intervenue pour nous faire des prédictions sur ce que serait notre société dans plusieurs décennies. Tout d’abord un changement de type de société, d’une société patriarcale et pyramidale vers une société organique, où dès que l’un des engrenages va mal l’ensemble fait en sorte de le réparer. Cela passe aussi par un changement du rapport de force, la loi du plus fort devient la loi du plus adaptable.

Jean-Marc Bourguignon, co-fondateur de Nothing2Hide nous présente la France comme le pays de l’open source mais aussi de peer to peer. Cependant, cette situation a été créée dans un but de ne plus être dominé par la crainte de manquer comme l’ont toujours été les Etats-Unis.

Jean-Marc Gremy, Président du Club de sécurité de l’information français (CLUSIF), montre son désarroi vis-à-vis du GAFAM que sont Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft. En effet, ces derniers de par la masse de données personnelles que chacune de ces entreprises récupèrent, il devient possible d’influer sur les politiques des pays.

Le mot de fin reste néanmoins pour Bernard Benhamou qui nous fait un bilan de notre situation en termes de technologie. En effet, la France n’est actuellement plus présente en ce qui concerne les technologies du futures. Notre principale source d’innovation s’en va vers la Sillicon Valley, nos ingénieurs. Cependant une remontée est possible si nous intervenons dans des secteurs clés, notamment la santé connectée, le transport et l’énergie environnement en y mettant les moyens, impactant directement sur le devenir de l’Europe.


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