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CES 2019 : l’ombre du RGPD

janvier 2019 par Sylvain Staub, Cabinet Staub et associés

Le Consumer Electronic Show 2019 a ouvert ses portes ce mardi 8 janvier à Las Vegas, apportant comme chaque année son lot de nouveaux produits et de nouvelles technologies. Des derniers développements de la voiture autonome aux plateformes de santé numériques, en passant par la maison connectée, startups et multinationales rivalisent pour accompagner et surtout anticiper nos besoins futurs.

Mais entre le CES 2018 -qui faisait la part belle à la commande vocale- et ce CES 2019, l’écosystème numérique mondial a vécu une année extrêmement mouvementée. Du scandale Facebook-Cambridge Analytica à l’entrée en vigueur du Règlement général sur la protection des données (RGPD), la question de la confidentialité des données, de leur sécurisation et de leur utilisation a occupé le devant de la scène tout au long de 2018. Au regard des tendances numériques et technologiques observées au CES 2019, il n’y a pas de raison que cette année soit différente.

Apple, traditionnellement absent du CES, l’a bien compris et taquine ses concurrents avec une publicité placardée dans les rues de Las Vegas : « What happens on your iPhone, stays on your iPhone ». Pas besoin de traduction, la protection des données est bien au cœur de ce CES.

Dans ce contexte l’Europe, notamment la France, se retrouve aux avant-postes. Si le Vieux Continent a perdu la bataille du numérique dès les années 1980 faute de vision politique et de stratégie économique, il s’est illustré par sa capacité, très tôt dans l’histoire, à pointer du doigt les risques de dérives. Les mauvaises langues diront que quand les Etats-Unis ont le CES, l’Europe a le G29 (désormais CEPD : Contrôleur Européen à la Protection des Données). Mais 2018 est largement venue donner raison à la France et à l’Allemagne qui, dès le milieu des années 70, esquissaient les principes d’une régulation des fichiers et de l’usage des données personnelles à une époque où aucun CES ne parlait d’internet, de réseaux sociaux, d’objets connectés ou de 5G.

Alors oui, l’ombre de l’Europe et de son RGPD plane sur Las Vegas en ce début 2019 :

• Parce que ce règlement, successeur d’une Directive européenne de 1995 elle-même largement inspirée de la loi française « Informatique et Libertés » du 6 janvier 1978, est désormais le cadre réglementaire de référence de la data driven economy
• Parce que toute entreprise de la planète souhaitant commercer avec les citoyens européens doit désormais tenir compte des nouveaux jalons imposés par ce nouveau modèle de gouvernance des données.
• Parce qu’avec le RGPD, c’est un irrémédiable changement de paradigme qui s’opère : les informations relatives aux personnes ne sont plus de simples actifs des entreprises qui en disposent, mais de véritables attributs de la personnalité de chacun.
• Parce que la nouvelle gouvernance de la data qui s’impose à toutes les entreprises suppose la mise en œuvre permanente et stricte de mesures de sécurité et de protection de la confidentialité, sous peine d’amendes très lourdes et d’une publicité d’autant plus négative que les citoyens du digital word entendent désormais faire valoir leurs droits à la privacy.

Et si, finalement, ce règlement ne participait pas aussi à la tendance de Slow web observée depuis un certain temps, ce web plus raisonné dans lequel la donnée n’est plus le système nerveux, dans lequel les acteurs se montrent moins intrusifs et adoptent des méthodes et logiciels plus éthiques, ce web qui prône le retour à un équilibre salvateur entre mondes réel et numérique face à la folie du bigdata ?

L’Europe a sans aucun doute développé une culture digitale basée sur plus de responsabilité et la France a eu, dans ce cadre, un rôle moteur essentiel. Elle n’a pas non plus oublié la créativité et l’inventivité qui caractérisent ses entreprises : 420 startups tricolores, soit la deuxième communauté étrangère sur place après la Chine, sont présentes au CES.

Chacune de ces sociétés peut être ambassadrice de la philosophie à la fois libérale et éthique que la France sait si bien exporter. Chacune d’elles pourra montrer que notre Startup Nation ne se limite pas à imposer des règles du jeu, aussi justes soient-elles, sans avoir elle-même une carte maîtresse à jouer. Et s’il est bien un lieu où l’on peut comprendre cela, c’est Las Vegas.




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