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3è congrès FedISA : « l’infobésité », un obstacle à la lutte environnementale

février 2010 par Emmanuelle Lamandé

La dématérialisation est souvent mise en avant pour son intérêt écologique. Cependant, ce n’est pas toujours un état de fait. « Elle ne signifie pas forcément gain pour l’environnement » constate Jean-Marc Rietsch, Président de FedISA, en ouverture du 3ème Congrès de l’association. Son impact dépend amplement de la technologie, du contexte, des utilisateurs… mais s’avère avant tout une question de bon sens. En la matière, un changement dans notre façon d’être au quotidien s’impose.

Gérard Garnier, Orange Business Services, et Jean-Marc Rietsch, Président de FedISA

Gérard Garnier, Vice Président IT Services, Orange Business Services, s’est intéressé à la contribution que pourrait avoir l’IT dans la réduction de l’empreinte carbone. D’un côté, l’IT consomme énormément d’énergie, puisque son empreinte carbone est estimée à près de 2% de la consommation énergétique totale, soit autant que celle du transport aérien. De l’autre, l’IT est perçu comme un facteur d’amélioration potentiel, via de nouvelles technologies permettant de limiter les déplacements, la consommation de papier,… Pour lui, le Cloud Computing permettrait, par exemple, d’améliorer l’usage de l’informatique et, à usage constant, de diminuer l’empreinte. Il aide, selon lui, à la dématérialisation, car il permet de densifier l’investissement et offre une capacité de calcul rapide et flexible. Il s’agit « d’avoir l’infrastructure disponible à la demande et de pouvoir l’activer en cas de besoin ».

Les technologies facilitent l’usage, mais augmentent de fait le taux d’utilisation, alors que penser et surtout que faire ? Ce calcul est très compliqué car, pour pouvoir établir une comparaison, il faudrait calculer ce que serait la consommation/empreinte « avec » et « sans » la technologie.

Si nous ne faisons rien, il n’y aura plus d’électricité pour alimenter les Data Centers

Pour Cyril Van Agt, Presales Manager NetApp, le stockage est un poste important de dépense et de consommation d’énergie. A l’heure actuelle, on déplore beaucoup de gâchis dans les Data Centers. Le stockage représenterait, selon IDC, la 2ème catégorie de coûts la plus élevée pour les centres informatiques d’entreprises… un budget qui ne cesse d’ailleurs d’augmenter. Il faudrait, par exemple, être plus efficace en termes de consommation sur disque : réduire le nombre de disques et augmenter la capacité. On observe en moyenne 60% de gâchis : sur 100 To, seuls 40 To seraient utilisés. En outre, les fournisseurs d’électricité ont de plus en plus de mal à fournir. D’ailleurs, si nous ne faisons rien, il n’y aura plus d’électricité pour alimenter les DC.

Pour améliorer l’efficacité logicielle, Cyril Van Agt suggère : la déduplication (éviter que les données ne soient stockées deux fois), l’allocation dynamique (mise en commun de l’espace libre), la compression, la réplication fine, les clones virtuels… Il faut, selon lui, repenser la façon dont on gère les données en entreprise. Certes, la technologie est importante, mais c’est avant tout une question de bon sens.

Yannick Le Guern est Manager chez BIOis, une société spécialisée dans la mesure des impacts environnementaux. Cette mesure est la première démarche de l’informatique environnementale. Une fois cette mesure effectuée, on va pouvoir définir quels sont les axes de progrès.

Les résultats d’une ACV dépendent des données et hypothèses choisies

52% des gaz à effet de serre seraient liés au cycle de vie des produits que nous consommons, donc à nos modes de production, d’achat et de consommation. La dématérialisation est souvent mise en avant pour son intérêt écologique : conception de « paperless office » (bureau sans papier), visioconférence, ... Néanmoins, ce n’est pas aussi évident que cela, puisque les TIC ne sont pas sans impact sur l’environnement. Ce secteur fait d’ailleurs partie des plus gros consommateurs de certaines ressources, qui sont en train de s’épuiser.

L’Analyse du Cycle de Vie (ACV) permet d’évaluer les impacts environnementaux d’un produit ou d’un service. Cette méthode existe depuis plus de 20 ans et a été standardisée par la norme ISO 14040. Elle connaît cependant certaines limites, car dans la comparaison du « media papier » versus « media numérique », le résultat dépend amplement du contexte et de l’utilisateur. Par exemple, le temps de lecture sur un format numérique est parfois beaucoup plus long que sur un format papier, et ce facteur doit être pris en compte dans le calcul. Les résultats d’une ACV dépendent donc de toutes les données et hypothèses choisies (modèle électrique, recyclage,...). Il ne faut surtout pas décorréler les résultats du modèle et de l’angle choisi. De plus, l’analyse ne donne pas des vérités, mais des orientations.

Pour Alain Anglade, Ingénieur expert à l’ADEME, il faut remettre l’homme au cœur du dispositif, lutter contre « l’infobésité » et établir l’instance d’un droit universel à l’oubli numérique.


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